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"La grande erreur commise par quatre-vingt-dix pour cent des êtres humains, selon Fats, était d'avoir honte de ce qu'ils étaient; de mentir, de vouloir à tout prix être quelqu'un d'autre."

Lorsque j'ai eu la possibilité de choisir un roman dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire, organisés par Price Minister, mon choix s'est porté sur le dernier roman de J.K.Rowling. Par curiosité, évidemment, même si je n'ai pas lu les Harry Potter, et puis justement, pour que mon Homme, lecteur avide de Harry Potter, puisse se faire une idée également sur "l'après". 

Quatrième de couverture: 

"Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre... 

Comédie de moeurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige." 

 

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Que dire sur ce pavé de presque 700 pages? La blogosphère a soit adoré, soit détesté. Pour moi, je vais le dire d'emblée: énorme coup de coeur. Je ne connaissais pas la plume de J.K.Rowling. J'ai vu les films "Harry Potter", mais c'est mon Homme qui les a lus et relus -ce qui est prévu pour moi. Je me suis donc plongée dans cette lecture sans savoir à quoi m'attendre, tant au niveau de l'écriture que du sujet, car la quatrième de couverture en dévoile vraiment très peu. Quelle heureuse surprise!

Ici, pas de petits sorciers, pas de surnaturel. Nous nous trouvons plongés dans une bourgade Anglaise où tout le monde, inévitablement, se connaît. Pourtant, sous ses airs paisibles, la tranquillité de Pagford va voler en éclat et connaître un véritable cataclysme avec le décès de Barry Fairbrother, influent conseiller paroissial. Les rancoeurs et ambitions personnelles vont se réveiller, et comme dans toute bourgade où l'hypocrisie de complaisance règne, les ragots en tous genres vont y aller bon train.

Pour avoir vécu dans un village, je peux dire que je connais bien ces situations décrites par l'auteur, où la moindre personne qui ne fait pas "comme tout le monde"est l'objet de toutes les discussions sournoises et vengeresses. Les habitants, afin d'éviter de se pencher sur leurs propres problèmes, préfèrent juger le quotidien des autres.

Je salue J.K.Rowling d'avoir si bien su observer ses contemporains -vous et moi- et d'avoir décrit ce quotidien avec justesse, sans avoir peur des mots crus et bruts. La force de ce roman, c'est que l'on a l'impression d'entrer dans chaque maison, d'observer chaque famille, qu'elle soit aisée ou défavorisée. 

Par certains côtés, j'ai pensé à Desperate Housewives, l'amitié en moins. S'il y a certaines notes d'humour, cet humour se veut cynique, grinçant, car ce sont finalement des tragédies humaines qui se jouent autour de cette bourgade où les adultes comme les adolescents sont prêts à tous les coups bas.

Si les certaines longueurs qui peuvent jalonner le roman ne vous font pas peur, vous ne pourrez qu'être happés par ce livre qui laissera forcément des traces en vous, tant l'auteure entraîne son lecteur loin dans la misère, loin dans le malheur et le quotidien, dans la nature humaine qui n'est pas forcément des plus belles. Un seul regret: que la fin ne soit pas plus développée, j'aurais aimé savoir ce que deviennent certains personnages, mais je pense que c'est parce qu'il y a eu accoutumance à partager leur quotidien.

Volontairement, je ne dis rien sur les -nombreux- personnages, que je vous laisse découvrir si vous aussi vous décidez de vous embarquer pour ce voyage à Pagford.

Merci à Price Minister de m'avoir permis de découvrir ce roman... s'il fallait donner une note, ce serait un beau 18/20.

 

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Et parce que c'est l'auteure qui en parle le mieux...