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"Le vieux M.Slattery mourut au printemps. D'une mort douce, telle qu'il l'aurait souhaitée, assis sur son pliant, adossé à un arbre, sa canne à pêche à la main. Nombreux furent ceux, qui, passant par-là, avaient cru qu'il dormait."

Un livre qui dormait dans ma PAL depuis quelques années, et comme j'ai décidé de la faire descendre au maximum, je me suis donc attaquée à cette petite saga de 542 pages. Je me souviens avoir choisi le livre pour le titre, prometteur; je ne savais absolument pas à quoi m'attendre, je n'avais même jamais entendu parler de l'auteur(e). Auteur(e) dont les livres sont actuellement réédités, ce qui s'explique probablement par le fait qu'elle soit décédée en juillet dernier. 

 

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Quatrième de couverture : 

"Petite ville d'Irlande proche de Dublin, Mountfern est en ébullition. Fernscourt, autrefois la demeure d'une famille protestante haïe des gens du pays et aujourd'hui en ruine, vient d'être rachetée par un étranger, un riche Américain ayant l'intention de la transformer en hôtel. Patrick O'Neill, un homme d'affaires, vient en Irlande pour y retrouver ses racines. Ce "retour" est pour lui une victoire, une revanche, presque une vengeance. En effet, son grand-père a autrefois été chassé de Mountfern par les propriétaires de Fernscourt. Aujourd'hui, Fernscourt est à lui, et c'est là qu'il veut s'installer pour toujours avec ses deux beaux enfants, Grace et Kerry. Mais ce retour que Patrick a souhaité toute sa vie n'est-il pas un rêve, une chimère? Pendant quatre années, émaillées de joies et de peines, de drames, parfois, Patrick va se battre contre le destin pour réaliser son rêve d'enfant." 

Le début du roman est lent, très lent, à l'image de la vie qui s'écoule paisiblement à Mountfern. Maeve Binchy prend le temps de nous faire découvrir les habitants du village, parfois, on s'y perd d'ailleurs un peu. Si tout tourne autour de l'arrivée de Patrick et de ses enfants, le vrai personnage principal, c'est Kate Ryan, dont le mari tient le pub situé en face du futur hôtel. Car l'ouverture de cet hôtel risque de compromettre leurs affaires et c'est bien autour de ce fait que va tourner le roman. 

Malgré la lenteur ambiante, on s'aperçoit finalement qu'on s'attache aux personnages. J'ai aimé l'amitié entre Kate et Rachel, et puis les adolescents, héros presque principaux eux aussi puisqu'à certains passages le récit se met à leur point de vue. Souvent, on a envie de distribuer une bonne paire de claques à Kerry.

Le village est divisé en deux: ceux qui acceptent les O'Neill et ceux qui n'en veulent pas. Un terrible accident va renforcer les positions des uns et des autres. 

Il y a l'amitié, la famille, le devoir, l'amour interdit et qui est tu. Il ne faut pas oublier que l'histoire se situe dans les années 60, dans une Irlande encore très éprise de religion et de moeurs. 

Le livre se lit très agréablement, mais un peu trop lentement, d'autant plus que l'édition que j'ai a laissé passer un tas de fautes: lettres manquantes ou inversées, entre autres. Notons que pour ma part, la fin a été assez inattendue, ce qui constitue un bon point.

Ce n'est pas un coup de coeur, mais c'est sympathique une fois de temps en temps. J'ai pensé à un téléfilm de début d'après-midi sur M6.

 

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Extraits choisis:

"Non, à la vérité, c'est pour la famille Ryan tout entière qu'il avait un faible. Pour ce chien stupide qui roulait des yeux terrifiés et semblait toujours vouloir vous serrer la pince. Pour John Ryan, qui gribouillait des poèmes sur un cahier d'écolier et pensait que Patrick O'Neill était un type épatant. [...] Il y avait quelque chose, dans cette famille, qui le touchait particulièrement."

"-Vous voulez qu'on engage des danseuses, c'est ça? [...] C'est sans doute la seule chose à laquelle il n'ait pas pensé. Je vois ça d'ici, une grande enseigne au néon "Chez le Joyeux Johnny". Des filles en corset levant la jambe... On pourrait peut-être demander au chanoine de tenir la caisse!".

Au final:

 

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