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Lorsque Camille, mon contact chez les éditions Harlequin (car contrairement aux idées reçues, Harlequin ne fait pas que dans le roman à l'eau de rose) m'a demandé si j'étais intéressée pour lire "Face à eux", je n'ai pas hésité une seule seconde tellement le sujet m'emballait. Un service presse qui n'a pas traîné bien longtemps dans ma PAL!

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"Arcadia, petite ville du Sud des Etats-Unis, perdue au milieu des champs de blé et de soja. Là, comme partout ailleurs dans le monde, un phénomène incompréhensible, inconcevable, se produit… En ouvrant sa porte, Harold, quatre-vingts ans, découvre devant lui la silhouette menue d’un petit garçon : celle de son fils Jacob, tragiquement disparu voilà près d’un demi-siècle, et aujourd’hui revenu de la mort.

Il a beau savoir que partout sur la planète le même phénomène inconcevable se produit, Harold a soudain l’impression que tout ce qu’il croyait sûr et intangible dans le monde vient de s’écrouler aux pieds de ce petit garçon au sourire bouleversant, et dont la mort, cinquante ans plus tôt, a manqué emporter sa raison. Et même s’il ne sait pas qui est vraiment l’enfant qui lui fait face, il sait qu’il n’aura pas la force de refuser cette seconde chance. Et qu’il fera tout pour protéger son fils. Le protéger comme il n’a pas su le faire autrefois. Alors que le gouvernement tente, entre brutalité et aveu d’impuissance, d’endiguer le phénomène, et qu’une partie de la population exprime violemment son rejet, ceux qui font face au retour d’un être cher se retrouvent confrontés aux mêmes questions : les Revenants sont-ils vraiment les mêmes qu’autrefois ? Et pourquoi sont-ils revenus ?"

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Je m'attendais à beaucoup de choses, mais certainement pas à me prendre une claque!
L'auteur nous introduit directement au coeur du sujet, puisque dès la première page, on assiste, intrigué, au retour de Jacob chez ses parents.
Comme tout le monde depuis que les morts reviennent à la vie, Harold et Lucille s'étaient demandé de quelle manière ils réagiraient si cela devait arriver, si leur fils devait leur être rendu, et comme bien souvent, leur réaction spontanée est aux antipodes de ce qu'ils ont pu imaginer et ils décident de le garder, malgré leurs 80 ans.
 
Partout dans le monde des morts reviennent à la vie et affluent, se réveillant loin du lieu de leur décès. Le récit est tout de suite envoûtant, on tourne fébrilement les pages. Les chapitres sont entrecoupés par les histoires personnelles de quelques Revenants, et au fil des pages, le lecteur veut savoir pourquoi les morts se relèvent. L'intérêt se manifeste très, très vite, même si l'auteur ne nous emmène pas là où on peut s'y attendre. Car, pour la plus grande frustration de certains lecteurs (ce qui n'est pas mon cas), certaines choses resteront inexpliquées. Et j'aime ce principe, car finalement, ce que nous explique l'auteur, c'est que malgré ses certitudes, l'être humain ne maîtrise pas grand chose. Et c'est là le grand message de ce livre.
Le roman évoque surtout la peur face à ce que l'on ne connaît pas, face à ce que l'on ne maîtrise pas. Toutes les différentes réactions face à ces Revenants sont passées au crible.
 
Une question surgit dans le récit: vit-on la chose de la même façon dans une bourgade comme dans une grande ville, où les mentalité sont si différentes? L'humain est-il plus intelligent à un endroit ou un autre? Retient-on vraiment les leçons enseignées par l'Histoire?
 
J'ai été très émue, au fil des pages, de constater jusqu'où la peur d'autrui pourrait mener l'humanité; à se déshumaniser, tout simplement. 
Un magnifique roman que je conseille si vous êtes touchés par la connerie des hommes. Je remercie vivement Camille pour la découverte.

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"Il incarnait toutes les valeurs que les gens d'Arcadia étaient censés défendre: la politesse, la galanterie, les bonnes manières, le sens du travail bien fait. Jim avait été l'essence même de l'homme du Sud.Mais aujourd'hui, en tant que Revenant, il leur tendait un miroir qui les confrontait à ce qu'ils étaient devenus malgré eux, aux valeurs qu'ils avaient perdues en cours de route, à tout ce qui chez eux s'était durci et racorni."
 
"C'est qu'il a bon dos, Satan,d'être soi-disant responsable de tous nos malheurs. Peut-être qu'il n'y est jamais entré, dans le Jardin d'Eden! Peut-être qu'Adam et Eve ont cueilli le fruit défendu de leur propre initiative et qu'ils ont décidé ensuite de rejeté le blâme sur le serpent!"

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