PA020587

R. J. Ellory faisait partie de ces auteurs que j'avais particulièrement envie de découvrir. Son dernier roman paru aux éditions Sonatine me tentait tout particulièrement, puisqu'il reprend un des mythes du mal américain: les serial killer. Une rencontre en dédicace plus tard, je me plongeais enfin dans "Les Assassins". Je remercie Sonatine pour cette super lecture.

Présentation:

"Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet que les quatre meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage ? En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante.

Bouleversant tous les clichés de rigueur, R.J. Ellory transfigure ici totalement le genre du roman de serial killer, dont on pensait pourtant avoir fait le tour, en lui insufflant un souffle complètement nouveau, comme seuls les très grands écrivains savent le faire. Revenant sur les plus grandes figures des tueurs qui ont marqué les États-Unis, de Ted Bundy au fameux Zodiac, il poursuit son exploration du mal américain, interrogeant cette fois notre fascination pour les monstres. Avec le formidable sens de l’intrigue, des personnages, du suspense et le pouvoir d’émotion qu’on lui connaît, il nous donne ainsi le roman définitif sur le sujet."

Mon avis:

Eh bien, quelle claque, ce roman!!  Je ne sais pas par où commencer pour vous en parler  du mieux que je vais le pouvoir.

Dès  son introduction de 57 pages, Ellory nous plonge dans l'ambiance particulière qui va régner tout au long de son intrigue. Une ambiance lourde, oppressante, où tous les doutes sont permis.

Irving est un flic solitaire, dont la vie se résume à son boulot. Pas d'amis, pas de femme, pas d'enfants. Et j'ai été agréablement surprise, car l'auteur ne reprend pas le cliché du flic solitaire et alcoolique, même si Irving aura envie d'un bon verre plus d'une fois au cours de son enquête. Très vite, il se retrouve avec des meurtres sur les bras, des meurtres que rien ne relie entre eux, en apparence. Jusqu'à ce que John Costello, rescapé d'une tentative de meurtre en 1984 et obsédé par les serial killer, annonce que ces meurtres sont les copies exactes de crimes de célèbres psychopathes.

Outre la trame qui s'avère particulièrement attrayante, ce roman est rondement bien mené! J'ai vraiment été happée par cette intrigue, grâce à la plume précise et efficace de R. J. Ellory qui, non seulement revisite avec brio les codes du roman noir, en démontant tous les clichés, mais en plus s'est parfaitement documenté sur les pires monstres de l'histoire américaine. De Ted Bundy à Arthur Shawcross, en passant par la tuerie d'Amytiville,  le romancier mêle la sanglante réalité à sa fiction, et ce de façon très habile, sans faire dans le sensationnel, ni dans le voyeurisme. J'ai même parfois eu la trouille, ce qui m'arrive très rarement quand je lis un livre du genre.

Du début jusqu'à la fin j'ai soupçonné quelqu'un, je n'ai pratiquement pas lâché et c'est là le tour de force d'Ellory; il nous mène en bateau, nous fait tourner dingue car on se met à la place de la police qui n'y comprend plus rien et le dénouement nous tient en haleine jusque dans les toutes dernières pages. 

Les 570 pages se tournent très vite et défilent à une vitesse folle. Il m'a été difficile de lâcher ce roman épatant, tant l'intrigue m'a captivée. Une lectrice m'a dit qu'elle a été déçue par la fin, pour ma part, je l'ai trouvée logique, mais je ne peux pas en dire davantage. Mythe du serial killer, pression dans la police, pouvoir de la presse, comportement  des populations, a réalisé là un travail des plus minutieux. Donc je n'ai absolument pas été déçue par ce roman qui me marquera et me donne envie de découvrir les autres livres de l'auteur.

En bref, "Les Assassins " s'est avéré être une sacrée claque pour moi. Un roman à la trame originale, captivant, époustouflant. L'auteur a fait un travail de précision, de grosses recherches, afin de mêler fiction et réalité. Ses personnages sont très crédibles, on y croit, et tout aussi intriguants que l'enquête. Pour moi, c'est un sans faute et l'un des meilleurs romans noirs qu'il m'ait été donné de lire.

♥♥♥♥♥♥

COUP DE COEUR DU BLOG!

Je le conseille: si vous aimez les romans qui vous tiennent éveillés tard dans la nuit, les intrigues bien ficelées et qu'on arrive plus à lâcher, les livres parfaitement documentés. En fait, je le conseille à tout le monde, si vous aimez les romans noirs, bien entendu.

P9240404