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Je pense qu'en trois ans, je vous ai répété à de nombreuses reprises mon amour pour les romans de Stephen King. Cela a commencé quand j'étais petite, en matant avec entrain les films tirés de ses oeuvres et je bavais d'envie dès que je voyais ses livres. Je pense que c'est à Stephen King, en partie, que je dois mon attirance pour les USA des années "American way of life". Je n'ai pas tout lu, j'y vais progressivement, au gré de mes envies. Et j'avais justement très, très envie de découvrir son dernier opus, REVIVAL. Je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture.

PRESENTATION:

"La foudre est-elle plus puissante que Dieu ?

Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité.

Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens... Et qu’il y a bien des façons de renaitre !

Addiction, fanatisme, religion, expérimentations scientifiques… un roman électrique sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir. Hommage à Edgar Allan Poe, Nathaniel Hawthorne et Lovecraft, un King d’anthologie.

« On est littéralement sonné par la fin, une des meilleures de King. »Publishers Weekly"

Mon avis:

Après s'être essayé, avec succès, au polar, Stephen King renoue avec ses premières amours pour son nouveau roman.Et bien plus encore puisqu'il rend clairement hommage à ses maîtres, dont Lovecraft et Mary Shelley.

Je ne vais pas vous cacher que j'ai trouvé la mise en place un peu longue. Pas ennuyeuse, non, mais seulement un peu lente, à me demander où l'auteur voulait nous emmener exactement. Durant une bonne partie du récit, Stephen King nous plonge dans les années 60, alors que son héros, qui n'est encore qu'un enfant, va rencontrer pour la première fois le mystérieux pasteur qui va changer sa vie. Ces pages sont emplies de nostalgie, celle d'une époque révolue, que Stephen King m'a une fois de plus fait regretter de ne pas avoir connue. La notion de la famille, les enfants qui jouaient dehors avec trois fois rien pour s'occuper, les bals de collégiens orchestrés par des rockers en herbe... Les descriptions sont tellement criantes de réalité que j'ai cru être transportée dans le Maine des années 60. Autourde cette nostalgie et des souvenirs d'enfance de Jamie (et de Stephen King?) se dresse l'ébauche de l'intrigue. Le pasteur est plus exalté en parlant d'électricité qu'il ne l'est par la religion, et très attaché à Jamie. Puis un terrible drame se produit (avec des descriptions sanguinolantes et un retournement de situation à la Stephen King). Le pasteur s'en va.

Nous retrouvons Jamie quelques années plus tard, musicien looser et complètement dépendant à la drogue. Son chemin croise à nouveau celui de l'ancien pasteur. Sa vie va changer à jamais. Je ne peux pas en dire davantage sur le contenu en lui-même, car l'auteur nous sort de son chapeau pas mal de surprises. Il est question de religion, bien sûr, de crédulité généralisée, mais aussi d'expériences scientifiques, de vieux grimoires... et un peu de folie. Le côté fantastique n'intervient que très tard dans le récit raconté par Jamie sous forme de témoignage, à peu près 70 pages avant la fin. Une fin terrifiante, entre Poe et Mary Shelley, qui nous pousse à reconsidérer certaines choses sous un angle différent, brutal et flippant. Je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure fin imaginée par Stephen King, comme cela a été dit, mais en tout cas elle est dérangeante parce que sans issue, et peut remettre en question certaines de nos certitudes.

Le style d'écriture de Stephen King reste le même. Brut de décoffrage, on appelle un chat un chat, sans vulgarité mais avec beaucoup d'humour. Si l'auteur a souvent tendance, dans ses romans, à s'éloigner de son sujet pour nous livrer des analyses très réalistes de notre société, il le fait moins ici, même s'il fait encore mouche sur nos comportements souvent incohérents.

En bref, REVIVAL est un très bon Stephen King malgré un début qui m'a semblé un peu lent et poussif. Les clés qui font tout son succès sont bien présentes, il rend également un hommage marqué à ses auteurs favoris. Il y a du fantastique, de l'horreur, on veut connaître malgré nous le fin mot de l'histoire. Et lorsqu'il arrive, l'horreur se prolonge. Sa façon bien à lui de nous faire passer un message.

♥♥♥♥♥

Je le conseille: évidemment aux fans de King. Vous pourrez également apprécier si vous aimez bien ne pas trop savoir dans quoi l'auteur veut vous embarquer. Et si les fins dérangeantes ne vous effraient pas.

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