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Ce roman est arrivé par surprise dans ma boîte aux lettres, mais je dois dire que j'ai tout de suite aimé la couverture. Quant au sujet proposé, j'ai eu l'eau à la bouche car tout ce que j'aime est réuni: le passé, un secret qui retentit sur plusieurs générations et un soupçon de gourmandise... Je remercie les éditions City et l'agence LP Conseils pour cette jolie découverte.

Présentation:

"Paris, 1900. Guillaume, se fait embaucher dans une célèbre pâtisserie du quartier de l’Opéra. Là, il découvre un fascinant monde de douceurs. Ce ne sont pas seulement les crèmes légères et les caramels dorés qui le fascinent, c’est surtout Jeanne, la fille du patron, dont il tombe éperdument amoureux… Un amour qui semble impossible à cause des différences sociales et que le père de Jeanne a bien l’intention de faire échouer. Quatre-vingts ans plus tard, une jeune femme, Petra, découvre une photographie de son grand-père entouré de deux inconnus. Un cliché pris à Paris au début du XXe siècle avec, griffonnés au dos, ces mots : « Pardonne-moi ». Incapable de résister au mystère, elle décide de lever le voile sur l’obscure histoire de sa famille et le secret d’une terrible trahison…

Des amants maudits. Une trahison qui bouleverse des générations."
Mon avis:
Pour tout vous dire, ce roman m'a un peu déroutée. Je l'ai apprécié, attention, mais il y a tout de même quelques petits défauts à mon goût.
Cela ne m'a pas empêchée de me laisser embarquer dans le Paris  de la Belle Epoque, à suivre le destin amoureux de Guillaume et Jeanne. Guillaume arrive de Bordeaux et commence sa carrière à Paris comme cheminot. Un concours de circonstances l'amène jusqu'à la pâtisserie Clermont, où il va se faire embaucher, sur un malentendu, comme apprenti, et tomber amoureux de Jeanne. Mais tous deux ne font pas partie de la même classe sociale et devront se battre.
Tout cela, c'est ce que découvre peu à peu Petra, en 1988, alors que son grand-père vient de mourir. Une photo, des lettres, et la jeune-femme devient rapidement obsédée par cette histoire, qui s'est déroulée soixante-dix ans auparavant.
C'est là que je vais vous parler des éléments qui m'ont perturbé. Le premier, on peut dire que je chipote, je ne sais pas. Le résumé mentionne: Paris, 1900. En réalité, l'action démarre en 1910. Ensuite, je souhaite revenir sur le personnage de Petra.  Honnêtement, j'ai trouvé qu'il y avait un certain manque de profondeur, notamment pour tout ce qui se passe en 1988. J'ai eu l'impression que c'était survolé, que la romancière a écrit ces pages parce que bon, il le fallait bien. Du coup, mon ressenti, c'est que, à part le fait que les recherches de la jeune femme étaient forcément intéressante, son histoire personnelle m'a laissée indifférente, car Laura Madeleine, pour moi, n'a pas assez creusé.
En réalité, toute la force de ce roman réside dans les scènes qui se déroulent en 1910. Je pense que la romancière doit être fascinée par la Belle Epoque, car elle distille vraiment une ambiance qui nous donne l'impression de faire un voyage dans le temps.  L'histoire de Guillaume et Jeanne est évidemment très prenante, mais surtout, Laura Madeleine nous recréé le Paris de 1910 comme si elle l'avait connu.  Les descriptions sont suffisamment riches pour nous donner l'impression d'y être, tout en restant fluides. Des quartiers chics jusqu'à  Belleville, il y a un énorme travail de recherches que je salue, notamment en ce qui concerne les inondations de janvier 1910.

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Et puis il y a l'aspect gourmand de ce roman. Beaucoup de scènes se déroulent dans une pâtisserie raffinée et je peux vous dire que j'ai salivé. Laura Madeleine ne manque pas de nous faire rêver en décrivant religieuses, macarons et autres douceurs. J'ai souvent eu l'impression d'être comme une petite souris dans les coulisses d'une grande pâtisserie. La romancière décrit également le dur labeur des apprentis et autres commis, qui faisaient les tâches les plus ingrates (ce qui est certainement encore le cas aujourd'hui, d'ailleurs). 
En bref, "Le Portrait de l'oubli" est une histoire pleine de potentiel, que j'ai trouvé vraiment intéressante. Les scènes qui se déroulent dans le passé nous transportent littéralement dans le Paris de 1910 et nous plongent dans l'ambiance de l'époque, à travers la plume fluide mais précise de Laura Madeleine. Toutefois, j'ai déploré un manque de profondeur pour les scènes 1988, avec des personnages qui m'ont laissée de marbre. L'ensemble nous fait toutefois passer un très agréable moment.
♥♥♥♥♥♥
Je le conseille: si vous avez envie de découvrir le Paris de 1910 à travers la pâtisserie et une histoire agréable.

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