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Lorsque j'ai lu la fiche de présentation du roman "Sirius", j'ai tout de suite été intéressée pour découvrir ce livre. Avec un chien pour personnage central, un contexte entre Seconde Guerre Mondiale et âge d'or d'Hollywood, je ne pouvais qu'être intriguée! Je remercie Anne et les Presses de la Cité pour cette lecture agréable.

Présentation:

"L'incroyable histoire du chien qui fit trembler le IIIe Reich !
Brillant fox-terrier capable de communiquer en messages codés, Sirius émigre aux Etats-Unis avec la famille Liliencron, qui fuit l'Allemagne nazie. Arrivé à Hollywood, il devient la coqueluche des studios Warner Bros. et s'acoquine avec les plus grands : Rita Hayworth, Billy Wilder, John Wayne et Cary Grant n'ont plus de secrets pour lui ! Engagé ensuite par le cirque Barnum, son ascension dans le showbiz tourne court lorsqu'un tour de magie échoue et le fait «réapparaître» à Berlin. Il sera alors le dernier confident d'Hitler..."
Mon avis:

Après avoir lu des avis mitigés sur ce roman, je me suis vraiment mise à douter; est-ce que j'allais apprécier ma lecture? Eh bien oui!

C'est sûr qu'il faut se faire à l'idée que le héros est un chien. Tout tourne autour de lui, et comme Sirius est un chien très intelligent, des situations invraissemblables s'enchaînent. Le ton est donné: nous sommes dans la loufoquerie.

Tout commence à Berlin, alors  que Hitler a pris le pouvoir et est en train de déclancher son atroce guerre et l'extermination des juifs. On apprend  comment Sirius, qui s'appelait jusque là Levi, a atterri chez les Liliencron, après une nuit traumatisante. Face à l'ambiance qui devient de plus en plus dangereuse et angoissante, la famille peut s'enfuir aux Etats-Unis, grâce à un ami comédien. Les voilà qui atterrissent à Hollywood. Le maître de Sirius devient le chauffeur d'un acteur très en vue et le chien est rapidement repéré, puis engager pour incarner Hercule, un chien super héros. Il se retrouve ensuite dans le plus grand cirque du monde et par accident, revient à Berlin. Les circonstances l'amèneront à devenir le chien de Hitler lui-même.

Avec "Sirius", Jonathan Crown revisite l'histoire de façon originale. La Seconde Guerre Mondiale sert de toile de fond et n'est finalement que secondaire. Les aventures de Sirius passent au premier plan, et grâce à ce petit chien, on se délecte de  situations cocasses et d'anecdotes sur Hollywood. Il y a également des moments émouvants, l'immigration de la famille Liliencron, la nuit de cristal, et quelques autres. Les pages se tournent facilement, les chapitres sont pourtant très longs, il n'y en a que trois, et on se laisse entraîner avec intérêt dans les aventures de Sirius.

Pourtant, même si la lecture est dans l'ensemble agréable, j'ai trouvé quelques petits défauts à ce roman. Comme je l'ai évoqué plus hauts, certains passages sont émouvants, mais au final survolés. Si bien que les événements dramatiques manquent souvent de profondeur dans l'écriture. J'ai également été mal à l'aise dans les scènes où Sirius devient le chien de Hitler. Je n'ai pas envie qu'on me montre le côté humain d'un dictateur qui a tué des millions de gens. Je n'ai pas envie qu'on me dise "Il aimait Mickey et il a protégé les oiseaux pendant la guerre." Enfin, il est précisé dans les premières pages qu'un lexique est mis à disposition en fin de livre, pour ma part, je ne l'ai pas dans mon exemplaire. Les noms évoqués m'étaient familiers, donc cela ne m'a pas dérangée, mais je tenais à le signaler.

Malgré ces défauts,  je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé cette lecture. Je l'ai même trouvée agréable dans l'ensemble, je pense qu'il faut aimer l'humour caustisque et les situations un peu loufoques pour y adhérer. Et ne surtout pas s'attendre à une histoire poignante, car comme je l'ai dit, malgré des anecdotes intéressantes, le contexte est ici finalement un peu secondaire.

♥♥♥♥♥

En  bref, malgré quelques petits défauts, SIRIUS est un roman drôle et caustique. On suit avec intérêt les aventures de ce  petit chien pas comme les autres, pourvu que l'on ne s'attende pas à un récit poignant sur la Seconde Guerre Mondiale. On est ici dans le registre cocasse, avec quelques passages émouvants.

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