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Impossible de passer à côté de ce roman, dont on pas mal parlé ici et là, depuis sa sortie, tout d'abord en grand format chez JC Lattès, puis en poche le mois dernier. Adèle Bréau parle aux femmes qui jonglent avec vie pro&vie perso, j'avais donc très envie de découvrir La cour des grandes. Je remercie Le Livre de Poche pour cette lecture agréable.

Présentation:

"De leurs cahiers de texte de collégiennes à leurs plannings surbookés, Mathilde, Alice, Lucie et Éva sont entrées sans s’en rendre compte dans la cour des grandes. Héroïnes made in France, elles ne rêvent plus de prince charmant, de robe meringuée et d’alliances. Elles n’en ont plus le temps. Crèche, école, courses, vie sexuelle, carrière, enfants malades, premières rides et corps qui fout le camp, elles tentent de maîtriser le tourbillon qui les emporte depuis qu’elles ont dit oui.
Dans un Paris de comédie romantique, ces équilibristes à l’aube de la quarantaine rient, galèrent, aiment et espèrent, car au fond leur vie ne fait que commencer.
 
Elles courent, pleurent, rient, textotent, flirtent et s’enthousiasment, et on les suit avec ferveur dans cette belle énergie. Elle."

Mon avis:

Mathilde, Alice, Lucie et Eva se connaissent depuis toujours. Elles sont toujours présentes les unes pour les autres, unies par une amitié infaillible. A l'approche de la quarantaine, elles ont encore plus besoin de cette solidarité. 

Mathilde travaille dur alors que son mari est au chômage et fréquente un type plutôt louche. Parallèlement, elle doit s'occuper des enfants, du ménage, des courses, etc, car son mari ne lève pas le petit doigt pour l'aider, ayant mieux à faire (geeker, par exemple). Alice, elle, a rompu avec son mari qui l'a larguée pour une jeunette. Elle a perdu toute confiance en elle, mais voilà qu'une émission de télé s'intéresse à elle, seconde de brigade dans un restaurant étoilé. Lucie, de son côté, est une femme issue d'un milieu cossu, qui a épousé un riche chef d'entreprise. Une nounou élève ses enfants et pour s'occuper, elle dirige une boutique hype de vêtements pour enfants. Eva, quant à elle, essaie désespérément depuis des années d'avoir un enfant avec son mari, en vain.  Ces quatre amies se racontent tout et s'entraident.

Quatre amies, quatre caractères différents. Des personnages qui ne cachent pas leurs défauts, Adèle Bréau s'évertuant à retranscrire la vie réelle de ce que nous, femmes de 2016, vivons au quotidien.  Et c'est vrai que l'auteur explore à merveille cette pression sociale qui voudrait qu'une femme assure au boulot, au lit, avec les enfants, à la maison, bref, soit toujours au top. Du coup,  on a un peu l'impression, grâce au style fluide et envolé de l'auteur, de se trouver en présence de nanas qui pourraient être nos propres copines. J'ai eu une petite préférence pour Alice, que l'on voit évoluer, s'épanouir à nouveau, et à laquelle on a envie de hurler "Mais non!" lorsqu'elle va prendre une décision, à un certain passage du roman.

Seulement, bémol pour moi; j'ai trouvé qu'à vouloir trop coller à la réalité, le roman tombait parfois trop dans le cliché. Adèle Bréau montre finalement une vision du couple assez pessimiste et j'ai envie de préciser qu'on peut être heureuse en couple, même avec une vie sociale, des enfants, un travail. Tous les hommes ne sont pas des lâches qui vont voir ailleurs ou n'assument pas leurs responsabilités.

Malgré ce point "faible" (qui n'est, une fois encore, que mon avis), c'est une lecture agréable, idéale pour la plage, avec quelques rebondissements et de bonnes tranches de rire. Une lecture pas inoubliable, mais parfaite pour se détendre.

♥♥♥♥♥

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