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Il y a des livres que l'on s'apprête à ouvrir, sans savoir vraiment à quoi s'attendre. On en lit la présentation, et le contenu nous surprend. Je remercie les Editions Sarbacane pour la découverte!

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"C'est l'histoire de Joan, qui a été élevée par son père sur fond de hard rock et de westerns. C'est l'histoire du père de Joan, un visage de plus écrasé par le Grand Capital.

C'est l'histoire de Hugo, le meilleur ami de Joan, qui décide de l'accompagner pour quand elle hurle : Il faut que ça change !
Je veux que ça s'arrête !
On va tuer le Grand Patron !
Deux ados embarqués dans un road-trip ébouriffant, sur la N7 direction Nice...
Ils ne savent pas ce qui les attend. L'aventure. L'amour. Les rencontres.
Fuck la crise, vive la vie!"   

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Joan est une jeune-fille "saine", équilibrée, qui n'a pas été élevée à coups de contes de fées et de poupées, mais baigne depuis toujours dans la culture rock et le hard-rock. Pourtant, quand son père, touché de plein fouet par le chômage est gravement blessé après avoir braqué une banque, elle décide que le capîtalisme doit en prendre un coup et veut venger son père. Avec Hugo, son meilleur ami, elle s'embarque donc direction Nice, là où le Grand Patron passe ses vacances.

Par où commencer pour vous convaincre de lire absolument cette perle? La narration est cash, se mettant dans la peau de Joan, écorchée vive par ce qui est arrivé à son père. Le phrasé est très proche du 'parlé", ce qui donne un côté réel à ce roman. Car on a envie d'être pote avec Joan, avec Hugo. Hugo, qui apporte à ce roman une touche de légèreté grâce à son humour qui m'a fait exploser de rire bien souvent, même si le personnage est très lucide sur la vie. Joan et Hugo vivent une très belle amitié, comme un trésor rare, à choyer. 

Ce roman, malgré un sujet à priori "grave", est un joli pied de nez pour les gens qui prennent la vie trop au sérieux. Une façon de dire: "Ok, c'est la crise, et alors? On doit s'arrêter de vivre pour autant?". Non, c'est un plaidoyer pour chacun prenne en main son destin plutôt qu'attendre que quelqu'un d'autre le fasse pour nous. Un message qui passe très bien, d'une façon lucide et décalée.

Benoît Minville livre une juste analyse de notre société de (sur)consommation, qui rejoint mes propres opinions, et nous offre, en plus, une belle virée à la limite du vintage sur la Nationale 7. Les héros feront la connaissance de Blanche, qui n'a pas été gâtée par la vie, mais a compris qu'elle peut s'en sortir uniquement par elle-même, elle ne rejette ses malheurs sur le dos de personne.

Après la génération "désenchantée", le roman donne espoir dans la génération à venir pour faire bouger les choses, pour faire évoluer les mentalités et empêcher le pays, le monde, d'arriver à un point de non-retour. En tout cas, il donne envie d'y croire, et je pense que les jeunes ne devraient pas être les seuls à lire ce super roman.

Bon, après les éloges, me voici arrivée au bémol. Ce n'est rien, ce n'est qu'un tout petit point dans la dernière partie du livre, mais qui m'a gênée, parce que j'habite à Nice. Et qu'à Nice, il n'y a pas de plage de sable, mais uniquement des galets.

Donc vous l'aurez compris, plus q'un road-trip à travers la France, c'est un apprentissage de la vie. Un énorme coup de coeur, mis à part cette petite erreur concernant ma ville, c'est un roman que je recommande vivement.

Je suis sa fille, Benoît Minville. 253 pages, 14.90€, Editions Sarbacane, collection EXPRIM'.

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bref

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"Tant qu'une minorité se torchera sur nous pour préserver leur putain de fric, on sera des veaux pour la vie. D'un côté, t'auras toujours des mecs pour se plaindre qu'ils ont gagné 1,3 milliards au lieu d'1,4 milliards, et de l'autre, des bandes de smicards qui vivent à chrome...[...] Et bien sûr, on continuera tous à consommer comme des connards, de façon immorale et démesurée."

"Et puis merde, quand je pense que le must de l'éclate pour notre génération, c'est de foncer à Ibiza se shooter la tronche tout l'été avec des kékés tartinés au zit-zitoun, je me dis qu'il est temps de revenir à de vraies valeurs."