Aux Douceurs Littéraires

21 février 2017

Eloïse -Julia Quinn.

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Envie d'un moment détente? Oui! C'est pourquoi j'ai continué l'aventure Bridgerton, en sortant ce cinquième opus de ma PAL. Je sais qu'avec la collection A&P je vais passer un petit moment sans prise de tête et agréable. Je remercie Charlotte et les éditions J'ai Lu pour cette lecture.

Présentation:

"Après la disparition tragique de sa femme, sir Phillip est totalement désemparé. Comment va-t-il faire pour élever ses enfants qui ont souffert de la maladie de leur mère ? Comment leur apprendre la tendresse, lui qui ne sait pas exprimer ses émotions ? Pourquoi ne proposerait-il pas le mariage à Miss Bridgerton, avec qui il entretient une relation épistolaire ? Surprise, mais en même temps troublée, Eloïse, qui ne fait rien comme tout le monde, quitte Londres en secret pour rejoindre dans son manoir cet homme qu'elle n'a jamais vu."

Mon avis:

Retrouver la famille Bridgerton, c'est un peu comme débarquer chez des joyeux cousins que l'on ne voit que trop peu: un moment sympa!

Cette fois-ci, l'action ne se situe pas à Londres. En effet, Eloïse, la cinquième de fratrie, décide de s'enfuir. Depuis le mariage de sa meilleure amie Penelope, la jeune-femme voit ses certitudes vaciller; elle qui était convaincue qu'elle ferait une vieille fille épanouie se met à douter. Elle part alors pour la campagne, chez sir Phillip, avec lequel elle entretient une correspondance assidue depuis son veuvage. L'homme l'a invitée car il souhaiterait voir si Eloïse ferait une bonne épouse et une bonne mère pour ses enfants, complètement perdus et impossibles depuis la mort de leur mère.

C'est donc une petite histoire gentille, qui se déroule comme un long fleuve tranquille. Il n'y a pratiquement pas de rebondissements, j'ai trouvé en cela le roman un cran en-dessous des précédents. Mais c'est bien écrit, fluide et on prend plaisir à voir Eloïse évoluer en-dehors de la demeure familiale. C'est une héroïne fraîche et spontanée, pétillante. L'histoire d'amour, trop convenue, ne m'a pas franchement fait rêver, et malgré le caractère fantasque d'Eloïse, je n'ai pas été totalement embarquée. J'espère que le prochain tome sera un peu plus passionnant.

En bref,  "Éloïse " est un roman léger, qui se lit sans autre attente que celle de se détendre. Un opus un cran en dessous des précédents où il manque un chouïa de passion, mais Julia Quinn rattrape le coup avec une héroïne pleine de spontanéité et de fraîcheur.

♥♥♥♥♥

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20 février 2017

C'est lundi, que lisez-vous? #106

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Je ne sais pas vous, mais pour moi, le rythme de lecture a été plus que plombé (je vous explique plus bas pourquoi).  Une semaine bien remplie, j'ai beaucoup travaillé sur mon troisième roman (je vais un peu lever le pied cette semaine, d'autant plus que j'ai chopé une rhino et la publication est prévue pour mars 2018), les choses s'accélèrent avec le second qui sort dans moins d'un mois, le maître mot a été : organisation! Un peu de détente sera la bienvenue cette semaine...

.Ce que j'ai lu la semaine passée:

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Grosse déception avec "Il faut se méfier des hommes nus"; le côté biographique intéressant, le reste beaucoup moins. J'ai traîné ce roman de moins de 300 pages presque toute la semaine. Ensuite, j'ai commencé "Eloïse", une romance historique.

.Ce que je suis en train de lire:

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Détente absolue, zéro prise de tête, c'est ce que je recherche. Alors une valeur sûre, le 5e volet des aventures de la fratrie Bridgerton. Il ne va pas faire long feu.

.Ce que je vais lire ensuite:

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Ensuite, je pars pour Venise avec "La Sonate oubliée" et je retrouverai le psy Sauveur pour cette deuxième saison (j'avais eu un coup de coeur pour le premier tome). 

.Le film de la semaine:

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Nous avons enfin vu "Madagascar"! Ca se regarde avec plaisir, on sourit, on rit, vraiment sympa! 

Et chez vous?

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17 février 2017

Il faut se méfier des hommes nus -Anne Akrich.

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Je m'intéresse depuis quelques années déjà au mythe Marlon Brando. Je ne vais pas vous dire que j'admire le type, qui était quand même franchement infréquentable, mais son parcours et son talent sont incontestables. J'étais donc intiguée par ce roman, que j'ai pu lire grâce à la dernière sélection de la Masse Critique. Je remercie Babelio et les éditions Julliard pour cette lecture. 

Présentation:

"Qui ne rêverait pas de partir pour Tahiti sur les traces de Marlon Brando ?
Mêlant habilement les formes du biopic et du thriller, Anne Akrich déconstruit avec délectation le mythe du jardin d'Éden.
« Si Dieu ne s'était pas mis en tête de planter ce foutu jardin en Éden, on n'en serait pas là. Si, au milieu de ce jardin, Il n'avait pas fait pousser l'arbre de la connaissance, la femme n'aurait pas croqué dans le fruit et ne l'aurait pas tendu à l'homme. Tout le monde serait resté nu. On aurait continué à cultiver sagement la terre et à dompter les fleuves. Si l'homme-poussière et la femme-côtelette n'avaient pas entrepris de se venger en lançant la rumeur de l'Éden, leurs descendants n'auraient pas eu cette idée fixe : retrouver le jardin ! Ils n'auraient pas construit de beaux bateaux pour partir à sa recherche. Ils n'auraient donc jamais trouvé Tahiti, ni ne l'auraient baptisée ainsi : Paradis perdu. S'il n'avait pas été perdu, personne n'aurait songé à le retrouver.
Pas même Marlon Brando. »
À mi-chemin entre la biographie tragi-comique d'un monstre sacré du cinéma et le thriller introspectif, ce roman jubilatoire dynamite en un seul récit deux mythes toujours enracinés : le glamour hollywoodien et le paradis terrestre."

Mon avis:

Alors moi, avec un résumé comme celui présenté par l'éditeur, je m'attends à quoi? A une biographie romancée sur Marlon Brando. Je suis certainement une andouille. Je vous explique. 

Oui, il est bien question de Brando. Mais je vous remets le contexte: Cheyenne est scénariste, elle porte le même prénom que la fille de Marlon Brando, elle vient de Tahiti. Elle a une soeur jumelle et toutes les deux ont vécu un drame quand elles étaient petites. Un agent demande à Cheyenne d'écrire un scénario sur Brando, époque "Les révoltés du Bounty", tournage durant lequel il a fait la connaissance de Tarita, qui deviendra la mère de deux de ses enfants.

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Cheyenne s'envole donc pour Tahiti, sur les traces du Brando amoureux de cet île. Mais forcément, quand on s'intéresse de plus près à l'acteur, on découvre des choses pas jolies, jolies. Brando, c'était avant tout un homme qui s'est évertué à faire souffrir son entourage et il a plutôt excellé dans ce domaine. Un homme cynique, parfois violent, indifférent ou méchant. Pourquoi? Tout vient probablement de son enfance.  Mais Cheyenne ne s'en sort pas avec ce scénario, car les producteurs veulent vendre du rêve. Or, on ne fait rêver ni avec la mort, ni avec la vérité.

Alors à côté de cela, Cheyenne mène sa petite vie. Si l'on peut dire. Et c'est là que pour moi, ça ne l'a pas fait. J'ai l'impression d'être complètement passée à côté de cette partie du roman, qui se veut "thriller introspectif". Quand Cheyenne ne travaille pas, elle se rend avec sa soeur dans des fêtes, boit et se drogue. La narratrice nous explique que maintenant, Tahiti c'est ça. Limite on ne peut pas lutter. Je ne pense pas que l'auteure ait vraiment voulu banaliser la drogue, mais enfin... le discours ne m'a pas trop convaincue. Et puis sous l'effet d'une nouvelle drogue très puissante, Cheyenne et sa soeur décident de se venger du passé. Je n'ai pas réussi à démêler le vrai du faux. J'ai même trouvé que ça tournait un peu en rond et les protagonistes n'ont pas su me toucher. 

Je suis vraiment très embêtée, car je déteste dire que je n'ai pas aimé un livre. Je ne remets pas en cause le talent d'Anne Akrich, sa plume est même plutôt sympa, fluide et pleine d'humour. Mais c'est le personnage de Cheyenne, que je n'ai pas vraiment appréciée. En revanche, toute la partie sur Brando est vraiment passionnante, j'ai appris des tonnes de choses, notamment sur le flou concernant le meurtre du mec de sa fille. J'ai envie d'approfondir cela en lisant des biographies, du coup.

En bref, "Il faut se méfier des hommes nus" est un roman qui n'aura pas réussi à me convaincre. Si la partie biographique sur Marlon Brando est très intéressante, je n'ai malheureusement pas du tout accroché à l'histoire de la narratrice, entre vengeance, drogue, alcool et délires.

♥♥♥♥♥

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13 février 2017

C'est lundi, que lisez-vous? #105

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Et c'est parti pour une nouvelle semaine! Ici, ce fut plutôt tranquillou; je suis plongée dans l'écriture de mon troisième roman et comme je n'en suis qu'au début, les choses se mettent en place. Pour traduire: mon cerveau m'a causé  4 nuits d'insomnie, à coups de : "Ah tiens, elle devrait s'appeler comme ci et pas comme ça, et faut que je pense à ajouter ça, et puis développer ça, et faire telle recherche pour ma description". Coucou à tous ceux qui pensent que la vie d'un écrivain est de tout repos ☺ Bon, fort heureusement, cela ne m'a pas empêché de lire, et je peux vous dire que c'est une véritable décompression, de lire les mots des autres!

.Ce que j'ai lu la semaine passée:

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J'ai terminé le puissant "No Home", un roman dont je vais me souvenir très, très longtemps et que je conseille au plus grand nombre. J'ai ensuite lu "1749 miles", un roman jeunesse basé sur des faits réels, une découverte plutôt sympathique, puis "Mathilde", un roman plaisant malgré quelques défauts.

.Ce que je suis en train de lire:

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Je m'apprête à commencer "Il faut se méfier des hommes nus", un roman biographique sur Marlon Brando, que j'ai reçu dans le cadre de la Masse Critique de Babelio.

.Ce que je vais lire ensuite:

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Envie de légèreté pour la suite du programme, ce sera "Eloïse", le cinquième tome de la série "La Chronique des Bridgerton", romance historique, donc.

.Le film de la semaine:

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Notre choix s'est porté sur une comédie romantique de 2006! Le DVD traînait chez nous depuis un petit moment! Un film sympa, malgré des petites longueurs. Une Meryl Streep au top, une Uma Thurman touchante et une fin surprenante!

Et chez vous, le bilan?

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12 février 2017

Mathilde -Philippe Lemaire.

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Je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire Philippe Lemaire. Mais quand j'ai lu le résumé de ce roman, "Mathilde", les thèmes abordés m'ont donné envie d'en savoir davantage: le contexte historique, la photo, une jeune-femme qui s'affranchit... Je remercie Laetitia et Les Presses de la Cité pour cette découverte.

Présentation:

"Dans les années 1940, le parcours initiatique d'une adolescente encore insouciante s'ouvrant à la vie, à ses premières amours, à l'engagement. L'Occupation et l'arrivée d'un officier allemand vont bouleverser son existence.
C'est une rêveuse, Mathilde. Ses grands yeux bleus la trahissent. Sur son vélo ou parmi ses livres, l'adolescente, pleine d'impatience, fuit la solitude de la maison familiale ancrée dans un Haut-Jura secret et rugueux. Et la monotonie de l'atelier de couture où elle travaille. 
Emma, Suzy, Claire, Jean et Pierre forment une bande d'amis à l'image de la jeunesse insouciante et laborieuse d'avant-guerre. Dans leur sillage, Mathilde s'ouvre à la magie des salles obscures, aux discussions engagées dans les cafés. Surtout, elle capte tout de leurs jeux amoureux qui la troublent tant... L'imminence de la guerre puis l'Occupation, un talent révélé pour la photo et les valses-hésitations de son coeur feront grandir Mathilde. 
De spectatrice de la vie des autres, deviendra-t-elle, enfin, l'actrice de sa propre existence ?"
Mon avis:
Tout commence dans le Haut-Jura, aux Bouchoux. Mathilde a 15 ans et vient d'obtenir son certificat d'études. Elle aimerait poursuivre ses études et devenir institutrice, mais son père s'y oppose. Elle travaillera. Voici donc la jeune-fille embauchée chez une couturière italienne et pas très commode, Augusta Guardi. C'est là qu'elle fera la connaissance de Claire, Emma, puis Suzy, qui deviendront ses amies et l'initieront à la vie adulte. Se joindront à elles Jean et Pierre, puis l'ancien instituteur de Mathilde,  Justin.  A l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, la vie dans les montagnes jurassiennes est plutôt insouciante.

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Les jeunes gens vont souvent au cinéma, j'ai d'ailleurs adoré leurs échanges sur les films qu'ils voient. Mathilde dîne au restaurant avec Emma, ce qui attise les rumeurs. Son père lui interdit de fréquenter son amie. Mais à la maison, ça ne va pas bien et la mère de Mathilde part, du jour au lendemain. Mathilde pourra finalement décider de fréquenter qui elle le souhaite. Elle découvre la vie amoureuse et ne sait à quel soupirant se vouer. Puis la guerre éclate, l'insouciance s'envole.
Plus tard, bien plus tard, Mathilde se prendra de passion pour la photo et se servira de son Leica pour photographier le front, le maquis. Et faire un pas vers la liberté. 

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Dans l'ensemble, c'est un roman qui se lit avec plaisir. J'ai beaucoup aimé suivre Mathilde et sa bande d'amis, leur évolution, leurs réactions face à la guerre qui arrive. Pour moi, l'amitié est vraiment le point fort de ce roman, tout comme la vie dans le Haut-Jura (région que je ne connais absolument pas) à cette époque.  Certains thèmes, en revanche, sont à mon goût, abordés avec trop de brièveté: le maquis, la photo (le sujet n'arrive finalement que vers la fin du roman) et durant la période où Mathilde s'ennuie, eh bien on s'ennuie un peu aussi et on aimerait bien qu'il se passe quelque chose.  La jeune-femme m'a également agacée à plusieurs reprises, notamment en ce qui concernait ses choix amoureux.  Mathilde a un peu cette tendance irritante à tendre le bâton pour se faire battre. Malgré ces petits points qui m'ont un peu chiffonnée, je voulais saluer le talent de conteur de Philippe Lemaire. La plume est à la fois fluide et riche en vocabulaire, parfois poétique et c'est un plaisir de lire ses mots.
En bref, roman d'apprentissage de la vie d'une jeune femme durant les années 40, "Mathilde" est un roman simple et plaisant à lire, de par son contexte que l'auteur nous rend réaliste. Malheureusement, quelques longueurs viennent parfois étayer ce récit et au final, je ne suis pas certaine d'en conserver un souvenir impérissable.
♥♥♥♥♥

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08 février 2017

1749 miles -Fabienne Blanchut.

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J'ai eu la surprise de recevoir ce petit roman jeunesse, il y a quelques semaines. A l'intérieur, une carte m'informait qu'il était recommandé par mon attachée de presse (merci Caroline ☺). Le sujet m'a tout de suite emballée, je n'ai donc pas traîné à découvrir ce premier roman de Fabienne Blanchut.

Présentation:

"Janvier 2013, Alamogordo au Nouveau-Mexique. Joshua Shapiro revient sur les traces de son passé. Juin 1957, base du Holloman Aerospace Medical Center. À 13 ans, il se prend d’affection pour un bébé chimpanzé apeuré et maladif. À force de patience et d’amour, Ham puisque c’est le nom que Josh lui a donné, révèle une intelligence hors-norme et des qualités extraordinaires. Repéré par les ingénieurs de la NASA, il est choisi pour intégrer le programme des singes astronautes. Une aventure qui va changer à jamais leur destinée et celle de l’Humanité."

Mon avis:

250 pages qui sont un véritable condensé d'émotions!

Tout commence à San Francisco, dans les années 50. Josh est un ado solitaire, affublé d'un bégaiement, mais il aime bien sa vie. Un jour, son père, militaire, rentre du travail, avec une sacrée nouvelle: il est muté au Nouveau-Mexique, pour travailler sur un projet secret de la NASA. Josh prend la nouvelle plutôt mal, mais finalement, une fois sur place, sa vie va changer et un événement va déterminer l'homme qu'il sera plus tard. En effet, la NASA travaille sur un programme visant à améliorer la conquête spatiale; les ingénieurs forment des singes astronautes. Josh va se prendre d'amitié pour Ham, petit chimpanzé qui sera choisi pour être envoyé dans l'espace. C'est la première partie du roman et si le héros est fictif, Ham a réellement existé, tout comme le programme en question.

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Deuxième partie. Josh, en 2013, a soixante-cinq ans. Le Président Obama demande à ce qu'il se rende au Nouveau-Mexique, afin de faire part de son expérience à 50 ado. Josh entreprend alors un road-trip de 1749 miles. Un road-trip qui favorise les souvenirs, l'introspection, mais qui s'avère aussi un brin rock'n'roll!

Ce roman est une très jolie découverte, pour plusieurs raisons. La plume de Fabienne Blanchut est fluide, les pages se tournent très rapidement et elle parvient à nous attirer complètement dans son histoire. Histoire souvent émouvante (j'ai eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises!) et parfois très, très drôle, notamment pendant le road-trip.  On s'instruit tout en s'amusant!

Mon seul petit reproche, qui n'est en rien la faute de l'auteur, c'est que je suis particulièrement sensible à la cause animale. Alors forcément, les expériences sur les singes m'ont quand même fait grincer des dents à plusieurs reprises, ce qu'on apprend sur Laïka, première chienne envoyée par les Russes dans l'espace, est très dur aussi. On présume que Ham a vécu une vie heureuse, mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser à tout ce qu'il y a derrière ces expériences, ce qu'on subi des anumaux qui n'avaient pas demandé à être là. Le lecteur touché par cette cause se questionnera forcément.  

Il y a également une anecdote relative à Steve Jobs, sur le logo Apple. J'avais entendu une autre version de l'histoire, donc du coup, je suis dans le flou (il vous faudra lire le roman pour comprendre ce dont je parle).

En bref, à la fois drôle et émouvant, "1749 miles" revient sur les débuts de la conquête spatiale, notamment sur l'entraînement des singes - astronautes, à travers le regard d'un narrateur fictif mais qui touche indéniablement notre corde sensible. Un joli roman pour les adolescents.

♥♥♥♥

 

Fabienne-Blanchut

 

07 février 2017

No Home -Yaa Gyasi.

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S'il y a bien un roman de la rentrée de janvier à côté duquel je n'avais pas envie de passer, c'était bien celui-ci, avec ses thèmes qui tiennent à coeur: traite des esclaves et ségrégation raciale. J'avais d'ailleurs fait part de mon enthousiasme sur ma page Facebook et la maison d'édition m'a aussitôt contactée pour me proposer de le lire. Je remercie les éditions Calmaan-Lévy pour cette pépite!

Présentation:

"XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effi a est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effi a ignore que sa soeur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits- enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance
d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.
Navigant brillamment entre Afrique et Amérique, Yaa Gyasi écrit le destin d’une famille à l’arbre généalogique brisé par la cruauté des hommes. Un voyage dans le temps inoubliable."
Mon avis:
Le premier mot qui me vient à l'esprit pour décrire ce roman est: puissant!
En effet, Yaa Gyasi nous offre un superbe roman que je n'hésiterai pas à qualifier d'incontournable, un roman d'une très grande portée!
L'auteur revisite trois siècles d'Histoire, à travers l'esclavage et la ségrégation raciale. Elle part du Ghana, au XVIIIe siècle, où deux soeurs qui ne se connaîtront jamais vont donner naissance à une grande lignée, victime du passé familial mais aussi de la cruauté des hommes.
On apprend l'Histoire du Ghana, notamment, ses tribus en guerre. Certaines n'hésiteront pas à faire commerce d'esclaves avec les "blancs" du Fort de Cape Coast (photo), d'autres se battront pour préserver leur liberté et leur façon de vivre. Mais bien sûr, la liberté, face au pouvoir et à l'argent n'est que bien peu et les descendants d'Effia auront du mal à lutter.

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Et puis Yaa Gyasi nous emmène également aux Etats-Unis, pour suivre la lignée d'Esi. Capturée au Ghana, violée, Esi sera envoyé comme esclave dans les champs de coton. Ses descendants évolueront dans une Amérique abolitionniste, mais ségrégationniste et toujours profondément raciste. J'ai découvert que lorsque les Noirs étaient arrêtés -et souvent sans raison-, ils étaient alors envoyés pour travailler dans des mines. Quand ils en ressortaient, parfois pour s'installer à Pratt City (ci-dessous, ville mixte dont il ne reste plus rien aujourd'hui) ils finissaient par mourir de la maladie du charbon.

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 Et puis à partir des années 30, il y a Harlem. Les appartements où les familles (qu'on a donc fait venir de force des générations plus tôt mais dont on ne veut plus) devaient s'entasser, cohabiter avec cafards, rats et drogue. 

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Alors bien sûr, ce  n'est pas un roman joyeux que nous avons entre les mains, et pourtant... l'espoir n'est jamais loin et on ne peut qu'admirer la force de caractère de certains personnages! Chaque chapitre correspond à un protagoniste, nous découvrons un pan de leur vie et assimilons le contexte du moment. Chaque personnage étant relié par le point de départ, au Ghana, aux XVIIIe siècle. On ne peut s'empêcher de se demander si leurs vies auraient différentes selon les circonstances... 
Ce roman sonne comme un vibrant rappel des injustices de notre histoire, des crimes commis au nom de la suprématie des blancs. En moi, il a trouvé un écho à la situation actuelle et il est indispensable de le lire!
En bref, "No Home" est un roman particulièrement puissant. A travers le destin d'une famille, du XVIIIe siècle à nos jours, l'auteur revisite avec brio des époques sombres de l'histoire : la traite des esclaves et la ségrégation. Un vibrant rappel de ce qui ne doit plus arriver.
Coup de coeur du blog!

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EXTRAITS:

"Il y a plus en jeu que l'esclavage, mon frère. C'est à qui possédera la terre, les gens, le pouvoir. Tu ne peux pas planter un couteau dans une chèvre et dire ensuite "Maintenant je vais ôter mon couteau lentement, et il faut que les choses se passent facilement et proprement, qu'il n'y ait pas de dégâts. " Il y aura toujours du sang."

"Pardon, proclamaient-ils, tout en commettant leurs méfaits. Quand il était plus jeune, Yaw se demandait pourquoi ils ne prêchaient pas d'éviter de faire le mal plutôt que de pardonner. Mais plus il gagnait en âge, mieux il comprenait. Le pardon était un acte qui intervenait après les faits, un avenir pour la mauvaise action à venir. Et si vous poussez les gens à porter un regard vers l'avenir, ils ne voient peut-être pas le tort qui leur est fait dans le présent."

 

06 février 2017

C'est lundi, que lisez-vous? #104

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Et nouveau début de semaine! J'espère que cette première semaine de février s'est bien passée pour vous. Pour ma part, j'ai eu pas mal de temps pour lire, j'ai aussi avancé dans l'écriture de mon troisième roman, répondu à des invitations pour signer le second... et les microbes de mes deux hommes me sont un peu tombés dessus, mais comme je suis solide, c'était trois fois rien. 

.Ce que j'ai lu la semaine passée:

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Je vous cache pas que je suis contente de mon rythme! J'ai terminé "Canicule", un excellent thriller où l'ambiance compte beaucoup. Lecture plus mitigée avec "Le Tableau", dont l'histoire m'a plue mais l'héroïne un peu moins. En tout cas, désormais, je sais reconnaître un Modigliani ☺ Et j'ai dévoré les trois quarts de "No Home", de Yaa Gyasi.

.Ce que je suis en train de lire:

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A l'heure où je programme ce billet (dimanche soir), je m'apprête à terminer ce roman puissant, où nous suivons plusieurs générations d'une même famille, du Ghana jusqu'aux Etats-Unis.

.Ce que je vais lire ensuite:

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Pour la suite, je compte passer la semaine en compagnie de deux auteurs français. Je vais me plonger dans "1749 miles", roman recommandé par mon attachée de presse, puis je vais lire "Mathilde", qui devrait m'emmener dans les années 40.

.Le film de la semaine:

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Nouvelle soirée DVD pour mon homme et moi, nous avons regardé "Monuments Men", un film qui réussit le tour de force d'être à la fois drôle, émouvant et instructif. 

Et vous, votre bilan de la semaine?

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02 février 2017

Le Tableau-Laurence Venturi.

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S'il y a un domaine dans lequel je suis ignare, c'est bien la peinture. Je connaissais évidemment Modigliani de nom, mais absolument rien le concernant. Le résumé de ce roman m'a fortement intriguée et avait tout pour me plaire. Je remercie Ophélie et les éditions Albin Michel pour cette lecture.

Présentation:

"Qui n’a jamais rêvé de trouver un chef-d’œuvre dans sa cave ou son grenier ?
Pour Laura, c’est une histoire vraie. Et le début d’une enquête folle et passionnante, entre Paris et Rome, sur les traces d’un trésor signé Modigliani… qui va bouleverser sa vie.
Coups de théâtre, rebondissements, suspense : le récit d’un conte de fées devenu réalité."

Mon avis:

La première impression que j'ai de ce roman, c'est que, si la narration est toujours en 2012/2013, on suit en réalité deux histoires: celle de Laura, contemporaine, mais aussi celle des artistes peintres du Montparnasse des années 10/20. 

Laura, c'est cette mère au foyer qui a arrêté de travailler pour se recentrer sur le principal, officiellement. En réalité, elle s'occupe des lessives, du ménage, des enfants et de combler son mari, grand chef d'entreprise. Bref, Laura, elle s'ennuie. Un matin de janvier, une fuite d'eau la pousse à descendre à la cave et la voilà qui entreprend de sauver des "croûtes" héritées du grand-père collectionneur. Parmi ces tableaux, surprise, un Modigliani. Commence alors une enquête à plusieurs facettes: de qui Silvio, le grand-père, tenait-il ce tableau? Quel lien l'unissait à Modigliani? Comment faire expertiser ce tableau et lui rendre hommage?

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Je vais commencer par cette enquête, qui m'a vraiment happée. Je ne connais absolument rien au monde de l'art, j'ai appris qu'il y a quand même pas mal de corruption et que si votre tableau s'avère être un vrai, ce n'est pas pour autant qu'on acceptera de le cataloguer. J'ai également découvert quelques pans de la vie de Modigliani, peintre sanguin, dépendant à la drogue et à l'alcool, qui vit une passion tumultueuse avec Beatrice Hastings dans les années 1915.  Laurence Venturi ne dresse évidemment pas une biographie complète du peintre, mais m'a franchement donné envie d'en savoir davantage!

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Il y a également l'enquête généalogique, pour savoir qui était vraiment Silvio, le grand-père du mari de Laura. Etait-il seulement un tailleur un peu original dans le Paris des artistes? Evidemment, je ne dirai rien, mais le lecteur n'est pas au bout de ses surprises. C'est là que l'enquête rejoint le quotidien de Laura, et c'est là que ça se gâte.

Je sais que Laurence Venturi est partie de faits réels pour écrire ce roman. J'espère seulement que les réactions de Laura ne sont pas les siennes, parce que c'est ce qui m'a déplu dans ce roman. L'auteur nous dépeint des scènes quotidiennes de vie de famille recomposée,  avec tous les clichés qui vont avec. Comme je l'écrivais plus haut, elle s'ennuie et la découverte de ce tableau va lui donner un but. Quitte à en oublier parfois ses propres enfants. Laura, elle en fait beaucoup trop. Je comprends qu'elle se passionne pour cette histoire, à en avoir très (trop) souvent "le ventre noué" (je vous jure que ça revient sans cesse), je comprends qu'elle pense à l'aspect financier pour ménager la santé de son mari, mais quand même...  Laura est un peu insupportable, on ne va pas se mentir et sans ces traits de caractère un peu pénibles , le roman aurait été parfait. La réaction de Laura et son mari face à la révélation finale m'a franchement agacée... 

En bref, " Le tableau " est  une enquête vraiment très bien menée et passionnante, qui donne envie d'en connaître plus sur les artistes évoqués. Malheureusement, beaucoup de clichés sur la vie de famille recomposée et des états d'âme parfois un peu pénibles viennent nous faire soupirer et lever les yeux au ciel.

♥♥♥♥♥

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31 janvier 2017

Canicule -Jane Harper.

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Quand un roman devient un véritable phénomène dont tout le monde parle et qui va être adapté au cinéma, j'ai toujours tendance à me méfier un peu. Pourtant, lorsque les éditions Kero m'ont proposé de découvrir "Canicule", le résumé m'a tout de suite donné envie d'en savoir plus. Grand bien m'en a pris!

Présentation:

"Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

« Ce thriller incendiaire enfonce ses griffes dans votre cœur dès son premier chapitre perturbant, et ne vous lâchera plus. » The New Daily "

Mon avis:

Très sincèrement, je ne peux que comprendre l'engouement autour de ce roman, dont j'ai beaucoup de bien à vous dire!

Jane Harper nous plonge directement dans l'ambiance pesante, plombée par la sécheresse, de Kiewarra, bourgade perdue au fin fond du bush australien. Tout commence avec un prologue très fort, puis l'enterrement des Hadler. Enterrement auquel s'est rendu Aaron, plus de vingt ans après avoir quitté le coin. Aaron est devenu agent fédéral, spécialisé dans la finance, et très rapidement, les parents de Luke lui demandent d'ouvrir une enquête, car ils ne sont pas persuadés à 100% que leur fils a tué femme et enfant avant de se donner la mort. S'agirait-il d'un meurtre?

Aaron va convaincre sans mal Raco, le flic du patelin, d'enquêter à ses côtés. Les deux hommes sont en effet perturbés par quelques éléments qui peuvent faire douter du drame familial. Luke avait-il de gros soucis financiers? Qui aurait pu lui en vouloir? Mais ouvrir une enquête, c'est aussi réveiller le passé, un passé dans lequel Aaron a du fuir Kiewarra, après la mort d'une jeune fille de son lycée. Les rancoeurs se réveilles, Aaron n'est pas le bienvenu. Y aurait-il un lien entre les deux affaires?

L'intrigue est vraiment bien ficelée, le suspense rondement mené. On soupçonne tout le monde, on se pose mille questions. Il m'est même arriver de douter d'Aaron. A tort ou à raison? A vous de le découvrir! Vraiment, jusqu'au dénouement, je n'ai rien vu venir! L'ambiance de la bourgade joue un rôle majeur dans ce roman, où la nature et les gens sont presque hostiles, à quelques exceptions près. A force de voir tout le monde à cran, on ne peut que redouter de nouveaux drames et chercher ce que chacun peut bien avoir à cacher.

Je suis vraiment passée à rien du coup de coeur. Ce roman est addictif, impossible à lâcher, l'intrigue et le rythme prenants et palpitants. J'ai juste été déçue par la dernière page en fait, car du coup, on imagine ce qu'on veut. Attention, on a le fin mot concernant la mort des Hadler et le drame qui s'est joué plus de vingt ans plus tôt, mais c'est surtout en ce qui concerne le devenir d'Aaron qu'on est libres d'interpréter... ce qui n'est pas ce dont je raffole, j'aime bien les choses énoncées concrètement.

Mais à part ce dernier détail, franchement, je n'ai qu'un mot: FONCEZ!

En bref,  "Canicule" est un thriller réussi et particulièrement addictif ! Une ambiance pesante, une intrigue parfaitement menée, un roman qui se dévore !

♥♥♥♥

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