Aux Douceurs Littéraires

09 août 2016

Mémé dans les orties -Aurélie Valognes.

13939537_824206537716385_474866327071163145_n

Après avoir entendu beaucoup de bien sur le premier roman d'Aurélie Valognes, j'avais très envie de découvrir sa plume, que l'on m'a vendue comme drôle et sensible. Je remercie Alice et Le Livre de Poche pour cette très agréable lecture.

Présentation:

"Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant –, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 93 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.
Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur !"

Mon avis:

Ce roman n'a absolument pas volé sa réputation! D'emblée, dès les premières pages,  j'ai su  qu'il allait me plaire.

Ferdinant est un vieil acariâtre qui n'a d'autre loisir que de mener la vie dure à ses voisines et à la concierge de son immeuble. Seulement, quand le seul être qu'il aime, sa chienne, meurt subitement, il pète un plomb et se jette sous un bus. Commnce alors une série d'événements qui vont bouleverser l'existence de Ferdinand. Il va faire la connaissance d'une petite fille pas comme les autres et se rapprocher de sa voisine d'en face. Toutes deux vont le faire sortir de ses retranchements... de gré ou de force!

C'est un roman sans prétention, mais tellement frais et pétillant! J'ai pensé à l'ambiance de "Et puis Paulette", de Barbara Constantine, pour ses situations drôles et son style envolé. Malgré la personnalité de Ferdinand, ne vous y trompez  pas, l'humour et la bonne humeur sont bel et bien au rendez-vous, pour notre plus grand plaisir.

Les personnages sont détonnants, on se sent tout de suite bien avec eux! Notre regard sur les personnes âgées évolue forcément et on s'attache l'air de rien à ce vieux con de Ferdinand. Cela ne serait évidemment pas possible sans la plume fluide d'Aurélie Valognes, qui décrit avec justesse les scènes qui rendent ce roman si vivant et lui confère  un petit côté "doudou". J'aurais aimé rire encore davantage lors des comiques de situation, mais je pense que la romancière a voulu rester sobre à ce niveau-là .

C'est un feel-good idéal pour se détendre et passer  un très agréable moment! J'ai déjà hâte de découvrir le nouveau roman d'Aurélie Valognes.

En bref, MEME DANS LES ORTIES est un premier roman drôle et touchant, avec lequel on passe assurément un très bon moment, alternant entre rire et émotion.

♥♥♥♥

JGYwZC1i


08 août 2016

Une année particulière -Thomas Montasser.

13920630_823781537758885_6254043337545068377_n

Quand un roman  parle de livres, comment passer à côté? J'étais forcément curieuse de découvrir ce court bouquin (moins  de 200 pages), d'autant plus que le sujet était vraiment prometteur! Je remercie Les Presses de la Cité pour cette lecture.

Présentation:

"Une petite librairie, un travail herculéen, et un livre mystérieux qui va tout changer.
« Ma nièce Valérie doit s'occuper de tout. »
Se retrouver un beau matin avec une librairie sur les bras, Valérie ne s'y attendait pas. Pour elle qui se destinait à une brillante carrière de consultante internationale en économie, quel cadeau empoisonné !
La jeune femme va pourtant se laisser prendre au jeu et, indépendamment des comptes de la boutique au bord de la faillite, découvrir peu à peu la littérature. Kafka, Dickens, Calvino, Pessoa... Une tasse de thé à ses côtés, elle dévore avec joie tout ce qui lui tombe sous la main.
Texte après texte, échange après échange avec les clients peu banals du magasin, Valérie commence à prendre goût à sa nouvelle vie, mais c'est un roman singulier intituléUne année particulière et la rencontre d'un charmant inconnu qui l'aideront à écrire le chapitre décisif de son existence...

Une touche d'humour et de fantaisie, de la sensibilité et, surtout, une foule de livres, qu'on aurait presque envie de ranger du côté des personnages. S'il est des romans qui donnent envie de lire et d'aller fureter dans les rayons des librairies, c'est bien celui-ci."
Mon avis:
Pour tout dire, je ressors assez mitigée de cette lecture. 
L'auteur a su m'intriguer  avec son sujet original et me charmer avec ses belles descriptions, mais je n'ai pas vraiment su me laisser happer par l'histoire. C'est dommage! Une jeune femme qui doit soudainement gérer la librairie de sa tante, qui a mystérieusement disparu, et qui se replonge peu à peu dans les délices de la lecture, cela  met vraiment en appétit.
Pourtant, j'ai trouvé la narration trop sobre, un peu plate. Il n'y a pas vraiment d'action, on croise toutefois des personnages aussi charmants qu'atypiques et l'auteur nous offre de beaux moments en leur compagnie.
En fait, je me rends compte que si le voyage dans la librairie est agréable, en dehors de cela, je n'ai pas grand chose à dire au sujet de ce livre. 
Les amoureux des livres s'y retrouveront, mais si vous cherchez une histoire palpitante, elle n'est pas ici. La vie amoureuse de Valérie n'est pas des plus passionnantes, je ressors avec un sentiment de fugacité. Quand  à la fin et l'histoire du mystérieux roman que la jeune femme trouve... était-ce vraiment indispensable?  Je pense être un peu passée à côté, malheureusement.
En bref, UNE ANNEE PARTICULIERE est une ode à la littérature et aux librairies, néanmoins il m'a manqué quelque chose autour de l'intrigue pour être réellement captivée par ce court roman.
♥♥♥♥♥

img_40455

05 août 2016

Grand Amour -Stéphane Carlier.

IMG_1885

On m'avait pas mal parlé de Stéphane Carlier et de ses romans pleins d'humour. J'ai donc décidé de me laisser tenter par Grand Amour, paru en poche au mois de mai. Je remercie les éditions J'ai Lu pour leur confiance.

Présentation:

"Agnès est traductrice de romans sentimentaux. Elle quitte Paris sur un coup de tête direction le Cantal où se trouve l'homme de ses rêves, le demi de mêlée de l'équipe d'Aurillac qu'elle a vu nu dans un calendrier."

Mon avis:

Si Agnès traduit des  romans à l'eau de rose, on ne peut pas dire que sa vie soit des plus palpitantes.  Désespérément célibataire, romancière ratée, elle rêve d'envoyer sur les roses les réveillons de Noël  passés chez sa soeur. Et elle rêve aussi sur Fabien Castan, rugbyman qui a posé nu pour un calendrier. Agnès rêve beaucoup mais agit peu. Lors d'une soirée où elle n'a pas envie d'aller, elle rencontre une drôle  de femme qui lui dit qu'elle n'a rien à perdre à tenter de filer rejoindre son fantasme  à Aurillac. Agnès se retrouve embarquée, avec  son chien,  dans une sacrée aventure.

Dans  la Creuse, elle fait la connaissance d'un vieil homo propriétaire d'une laverie automatique Pierre-Marie, et de Pélo, un serveur qui craque rapidement pour elle.  Son  seul but: parvenir à tout pour approcher Fabien. Les péripéties s'enchaînent pour la jeune parisienne.

Je me suis rapidement laissée entraîner par l'écriture rythmée et bourrée d'humour de Stéphane Carlier. Il fait partie de ces auteurs qui observent le quotidien et savent le retranscrire pour notre plus grand bonheur! Agnès est complètement allumée, les personnages secondaires s'en  tiennent une bonne couche aussi et pourtant, ils sont aussi vrai que nature.

Pourtant, à un moment, j'ai commencé à me lasser (et je ne peux pas en dire plus sans spoiler), à trouver que certaines choses n'étaient pas forcément utiles. Puis le rythme a repris de plus belle et l'agréable surprise a été que jusqu'au point final, on ne peut pas être certains de l'issue du roman!

En bref, GRAND AMOUR est un roman, vraiment très drôle, une comédie romantique déjantée mais qui  manque parfois de réalisme. C'est un livre qui se lit vite et nous fait passer un agréable moment sur le coup,  mais il n'est pas, pour moi du moins, inoubliable.

♥♥♥♥♥

71lf8GhaYZL

 

04 août 2016

La Quiche Fatale (Agatha Raisin #1) -M.C. Beaton.

IMG_1919

A lire des avis dithyrambiques, j'étais particulièrement curieuse de découvrir les aventures d'Agatha Raisin, une anti-héroïne anglaise, dont la série comporte actuellement 27 tomes(les deux premiers viennent d'être traduits en France).  Les références à Agatha Christie m'ont évidemment mis l'eau à la bouche et je remercie les éditions Albin Michel pour cette découverte.

Présentation:

"Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour gouter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.

Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !

« L'Agatha Raisin de M.C. Beaton est un véritable trésor national. »The Times"

Mon avis:

Dès le début,  le ton est donné: Agatha est une femme hommasse, désagréable, qui jure comme un charretier, fume comme un pompier et ne sait absolument pas cuisiner. Cette femme d'affaires décide brusquement de prendre sa retraite et de s'installer dans la campagne anglaise. Le seul problème, c'est qu'elle se sent rejetée par la communauté du petit village dans lequel elle a élu domicile et sa voisine la déteste carrément. Agatha s'inscrit donc au concours de cuisine local et présente sa quiche. Le lendemain, le juge est retrouvé mort empoisonné par la fameuse tarte. Agatha est vite disculpée, la thèse de l'accident est privilégiée, mais elle ne s'y laisse pas prendre. La preuve: à peine commence-t-elle à poser des questions que les ennuis arrivent!

J'ai vraiment apprécié ce premier tome qui est une bonne entrée en matière. L'ambiance joue un rôle à part entière et on se laisserait bien tenter, à nos risques et périls, par un petit tour à Carsely. Les personnages secondaires sont également très intéressants et présents tout au long de l'intrigue et on a l'impression de bien faire la connaissance  de tout ce petit monde. Agatha n'a pas sa langue dans sa poche, pourtant, elle nous fait rire et on s'attache facilement à cette anti-héroïne qui se nourrit de plats surgelés et boude sur ses kilos en trop. Agatha ne manque pas de personnalité et  les pages défilent rapidement, même si j'ai parfois eu la sensation que l'on tournait en rond.

Malgré tout, si l'ensemble ne manque  pas de modernité, je n'ai absolument pas été surprise. J'aurais aimé que le dénouement soit  moins classique, car j'aime me laisser surprendre par un final inattendu. Je lirai néanmoins avec  plaisir le deuxième tome des aventures d'Agatha, qui est dans ma PAL. Il me semble avoir lu que les deux prochains paraîtront en France à l'automne.

♥♥♥♥♥

En bref, LA QUICHE FATALE est un roman policier plein d'humour et dans la lignée des classiques d'Agatha Christie, avec une pointe de modernité et une héroïne qui ne manque pas de piquant. Mais à trop ressembler aux classiques, j'ai trouvé le dénouement plutôt simple et un peu fade.

mc-beaton

23 juillet 2016

La Pâtissière de Long Island -Sylvia Lott.

P7042029

En tant qu'amoureuse de la Big Apple de la première moitié du XXe siècle, je ne pouvais vraiment pas passer à côté de ce roman, qui m'a fait de l'oeil dès que sa sortie française a été annoncée.  Je remercie chaleureusement les éditions Piranha pour m'avoir permis de découvrir ce roman savoureux.

Présentation:

"La délicieuse histoire d’une jeune allemande exilée aux États-Unis qui va devoir trouver son chemin dans le New York des années 1930 avec une recette de gâteau pour seul bagage.

Pour l’empêcher de fréquenter l’homme qu’elle aime, le père de Marie décide de l’envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale : à New York, chez ses deux frères. Avec pour seuls bagages son cœur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, elle débarque à Brooklyn en ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l’entoure. Elle est bien loin de se douter de l’incroyable destin que lui réserve le Nouveau Monde.
Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie."
Mon avis:
Il était évident que j'allais forcément aimer ce livre! Il s'agit de la rencontre entre Marie, quatre-vingt dix ans, et sa petite-nièce, Rona. Marie vit à New-York depuis les années 30, contrainte de fuir l'Allemagne et la Frise Orientale à cause de son père, qui refuse de la voir fréquenter l'instituteur de leur village. Marie atterrit chez ses deux frères, qui tiennent une sorte de café dans lequel il se passe des choses pas très claires. Mais qu'importe. La jeune-femme va se lier d'amitié avec une autre exilée et faire découvrir à la ville entière son fameux cheesecake.
Des décennies plus tard, sa petite-nièce, Rona, débarque avec le plus jeune frère de Marie, pour fêter l'anniversaire de la vieille dame. Rona est paumée aussi bien professionnellement que sentimentalement. Marie va alors lui confier peu à peu son histoire et sa recette du cheesecake, en lui promettant que ce gâteau va lui changer la vie.  Rona n'y croit guère, mais elle n'a plus rien à perdre. En cherchant à comprendre ce qui est arrivée à la tante juive de Marie, pendant la Seconde Guerre Mondiale, Rona va effectivement comprendre qu'il est temps de se prendre en main.
C'est un très  beau roman plein de tendresse et de délicatesse, parsemé  évidemment de gourmandise. J'ai beaucoup aimé suivre les destins de Marie et Rona, les voir affronter leurs problèmes et évoluer, chacune à leur façon.  La vie de Marie m'a tout de suite passionnée, jusqu'au bout j'ai eu un doute sur la façon dont les choses s'étaient terminées pour elle. Il m'a fallu un peu plus de temps pour apprivoiser Rona, c'est seulement lorsqu'elle atterrit dans une charmante bourgade de Frise Orientale que je me suis attachée à elle, que j'ai eu envie de savoir ce qui allait lui arriver.
Il y a dans ce roman tous les événements qui font à la fois un bon feel-good, mais aussi une excellente saga familiale. La narration alterne entre les années 30 et 2003, on passe du New-York dela prohibition à la campagne Allemande de nos jours, avec toujours un sentiment de ravissement. Et bien sûr, on a envie d'une dégustation de cheesecake, c'est inévitable!
Toutefois, je n'ai qu'un bémol: la fin arrive un peu trop vite à mon goût, le dénouement est plié en quelques pages, sans rebondissement de dernière minute.  J'aurais aimé quelque chose de moins évident à deviner.
En bref, La Pâtissière de Long Island  est un chouette roman, résolument optimiste, délicieux et plein de charme. Un vent de légèreté, qui s'attache toutefois à des thèmes importants, comme les liens familiaux, l'exil, et les choix amoureux. A déguster sans modération!
♥♥♥♥

Sylvia-Lott-150x150


05 juillet 2016

L'Héritage -Katherine Webb.

IMG_1699

Férue de sagas familiales qui nous remonter le temps, j'avais très, très envie de découvrir Katherine Webb, dont j'ai tous les romans (sauf un), dans ma PAL. J'ai décidé d'emmener avec moi "L'Héritage", lors d'un long voyage en train pour aller dédicacer mon propre roman. Je ne le regrette pas!

Présentation:

"L'Ouest américain au début du XXe siècle et la vieille aristocratie anglaise de nos jours, deux époques pour évoquer le destin d'une famille brisée par les non-dits. Un premier roman à l'écriture délicate, dans la lignée d'une Kate Morton ou d'une Maggie O'Farrell. 

Quand elles étaient enfants, Erica Calcott et sa sœur Beth passaient toutes leurs vacances à Storton, le manoir de leur grand-mère Meredith. Jusqu'au jour où leur cousin Henry disparaît, brisant d'un coup la famille et plongeant Beth dans une intense dépression. 

Vingt-cinq ans plus tard, Meredith vient de mourir et les sœurs Calcott reprennent le chemin de leur enfance. Tandis que Beth s'enfonce davantage dans la souffrance, Erica entreprend de trier les affaires de leur aïeule et tombe sur une photo de leur arrière-grand-mère Caroline avec un petit garçon dans les bras. Qui est-il ? Et, surtout, qu'est-il devenu ? 

Erica décide de fouiller l'histoire de ses ancêtres, et notamment celle de Caroline. Elle est loin d'imaginer qu'elle s'apprête à mettre au jour leur véritable héritage, un secret si douloureux que quatre générations plus tard, les sœurs Calcott en portent encore le fardeau..."

Mon avis:

Je me suis littéralement laissée envoûter par ce roman au charme indéniable! 

Je n'avais pas lu les critiques avant, je découvre maintenant qu'elles sont assez mitigées, pour ma part, c'est un coup de coeur!  

Katherine Webb nous embarque dans une histoire à plusieurs voix, tantôt au début du XXe siècle, tantôt de nos jours, en passant par les années 80. On découvre l'histoire de cette famille au fur et à mesure que Erica, qui se passionne d'un seul coup pour sa généalogie, tente de démêler les liens invisibles qui unissent plusieurs membres de leur famille. Qui est ce bébé sur la photo, dans les bras de Caroline, alors qu'il  n'est fait nulle part mention de sa naissance? Erica cherche également à se souvenir du drame de la disparition de son cousin. Elle sait qu'elle a été témoin, mais reste amnésique de cet épisode. Sa soeur, qui souffre d'une grave dépression, refuse de l'aider. Peut-être Erica devra-t-elle chercher de l'aide auprès de Dinny, un "romanichel" détesté par Meredith, la grand-mère des deux soeurs.

L'ambiance joue également beaucoup et imprègne particulièrement le roman.  Nous sommes au coeur de la campagne anglaise, en plein hiver. C'est hostile, lugubre et propice à faire renaître les mauvais souvenirs. L'auteur nous entraîne avec grâce et fluidité dans cette intrigue qui ne nous réserve pas tellement de surprises, mais nous happe, malgré nous. Elle tire sa force de ses descriptions, saisissantes de réalisme. J'ai évidemment préféré la partie qui se déroule dans le passé, car celle consacrée à Erica et Beth peut être déroutante. Il y est beaucoup question du comportement et de la dépression de l'aînée, ce qui peut entraîner une sensation de torpeur. Cela ne m'a pas dérangée, mais je conçois que ça puisse être perturbant.

Pour ma part, ce roman est un coup de coeur, je l'ai dévoré en un (long) trajet de train et l'histoire de Caroline est toujours avec moi. Je vais évidemment m'empresser de découvrir les autres titres de Katherine Webb.

♥♥♥♥♥

En bref, L'HERITAGE est une fresque familiale envoûtante, qui nous emmène dans le destin trouble d'une femme du début du XXe siècle et celui de ses arrière-petites-filles, des décennies plus tard. De terribles secrets, un manoir inquiétant, tout est réuni pour un roman passionnant!

Katherine-Webb

04 juillet 2016

Dans chacun de mes mots -Tamara Ireland Stone.

IMG_1700

J'ai repéré très rapidement ce titre, qui a su me faire de l'oeil, comme à peu près tous les romans de la collection New Way. J'avais envie, depuis un petit moment, de découvrir la plume de l'auteur, dont un autre roman me tentait depuis quelques années. C'est désormais chose faite et je remercie les Editions Hugo et Mélusine pour cette lecture très surprenante!

Présentation:

"Samantha Mc Allister est une fille comme les autres. Du moins en apparence. Elle cache un secret que ses amies, passionnées de mode et de soirées pyjama, ne pourraient pas comprendre : Sam est envahie d’angoisses et de sombres pensées qu’elle n’arrive pas à contrôler. Chaque acte, chaque prise de parole est un véritable calvaire. Pas évident quand on fait partie d’un groupe où tout fashion faux-pas ou crush sur le mauvais mec fait l’objet d’un raz-de-marée de critiques.

Mais un jour, Sam rencontre Caroline… Enfin, elle peut rester elle-même, voire se confier sur ses séances hebdomadaires chez le psy. Très vite, Caroline fait découvrir à Sam un lieu secret caché sous le gymnase du lycée : le Club des poètes, où chacun peut monter sur l’estrade et réciter ses créations. Peu à peu, Sam se prend presque à se sentir  » normale « … Mais pourquoi AJ, le mystérieux guitariste du groupe, ne semble-t-il pas accepter sa présence ? Sam devra-t-elle une fois de plus tout remettre en question ?"

Mon avis:

J'ai vraiment été très agréablement surprise par ce petit roman qui se dévore très rapidement! Les critiques étaient pourtant élogieuses, mais je redoutais un peu de retrouver des schémas habituels et du déjà-vu. Pourtant, je me suis laissée embarquer très facilement par l'histoire de Sam!

Le début est assez déroutant, je dois le dire. On y découvre une Samantha en proie à des pensées particulièrement étranges et on redoute le pire. On apprend finalement peu à peu de quoi il en retourne. Samantha fait partie d'un groupe d'amies, un peu les filles populaires (et un brin garces) du lycée. Elles se connaissent depuis l'enfance, mais sont également intransigeantes au moindre dérapage. Un peu superficielles aussi. Samantha leur cache donc la maladie dont elle souffre. Et puis elle rencontreCaroline, qui lui promet de lui faire découvrir quelque chose qui va lui changer sa vie: Le Coin des Poètes, qui est une sorte de pièce secrète située sous le théâtre (et non pas gymnase, comme le stipule de résumé) du lycée. Ici, des adolescents un peu à part s'y retrouvent pour exprimer leurs malaises, leurs souffrances, leurs ressentis, à travers des mots bien à eux. Un endroit où ils sont acceptés pour ce qu'ils sont.

Ce roman est vraiment très beau. Tamara Ireland Jones mène son intrigue  avec une plume délicate et fluide, où la poésie est évidemment très présente. Mais une poésie simple, écrite par des ados rongés de soucis. C'est vraiment un roman prenant, avec lequel on se sent bien. Il y est question du véritable sens de l'amitié, des angoisses, aussi. J'avoue avoir parfois reconnu l'ado que j'ai pu être.

"Tu es à côté de la plaque, Sam. Tout ça, ce sont de bons trucs, qui font du bien, des trucs normaux. Et plutôt que d'en profiter, tu trouves le moyen de les tordre, de les rendre toxiques."

Et puis il y a une histoire d'amour qui se noue, qui fait palpiter notre coeur et on peut voir Sam s'épanouir en prenant conscience de certaines choses. L'auteur nous gratifie également d'un rebondissement que j'ai vu venir seulement trois pages avant qu'il n'intervienne. Et je peux vous dire qu'on a les larmes aux yeux. Un roman qui fait du bien, donc, mais aussi plein d'émotion et de sensibilité. Un roman que les adolescents devraient lire, surtout ceux qui ont du mal à être acceptés par les autres qui définissent les normes. Ce serait super qu'un Coin des Poètes voit réellement le jour dans chaque lycée!

♥♥♥♥

En bref, DANS CHACUN DE MES MOTS est un chouette roman autour du mal-être de certains adolescents, de leurs angoisses et du paraître. Une ode à l'écriture, avec un rebondissement absolument surprenant!

tamara-ireland-stone-4200643

27 juin 2016

La cour des grandes -Adèle Bréau.

P6191908

Impossible de passer à côté de ce roman, dont on pas mal parlé ici et là, depuis sa sortie, tout d'abord en grand format chez JC Lattès, puis en poche le mois dernier. Adèle Bréau parle aux femmes qui jonglent avec vie pro&vie perso, j'avais donc très envie de découvrir La cour des grandes. Je remercie Le Livre de Poche pour cette lecture agréable.

Présentation:

"De leurs cahiers de texte de collégiennes à leurs plannings surbookés, Mathilde, Alice, Lucie et Éva sont entrées sans s’en rendre compte dans la cour des grandes. Héroïnes made in France, elles ne rêvent plus de prince charmant, de robe meringuée et d’alliances. Elles n’en ont plus le temps. Crèche, école, courses, vie sexuelle, carrière, enfants malades, premières rides et corps qui fout le camp, elles tentent de maîtriser le tourbillon qui les emporte depuis qu’elles ont dit oui.
Dans un Paris de comédie romantique, ces équilibristes à l’aube de la quarantaine rient, galèrent, aiment et espèrent, car au fond leur vie ne fait que commencer.
 
Elles courent, pleurent, rient, textotent, flirtent et s’enthousiasment, et on les suit avec ferveur dans cette belle énergie. Elle."

Mon avis:

Mathilde, Alice, Lucie et Eva se connaissent depuis toujours. Elles sont toujours présentes les unes pour les autres, unies par une amitié infaillible. A l'approche de la quarantaine, elles ont encore plus besoin de cette solidarité. 

Mathilde travaille dur alors que son mari est au chômage et fréquente un type plutôt louche. Parallèlement, elle doit s'occuper des enfants, du ménage, des courses, etc, car son mari ne lève pas le petit doigt pour l'aider, ayant mieux à faire (geeker, par exemple). Alice, elle, a rompu avec son mari qui l'a larguée pour une jeunette. Elle a perdu toute confiance en elle, mais voilà qu'une émission de télé s'intéresse à elle, seconde de brigade dans un restaurant étoilé. Lucie, de son côté, est une femme issue d'un milieu cossu, qui a épousé un riche chef d'entreprise. Une nounou élève ses enfants et pour s'occuper, elle dirige une boutique hype de vêtements pour enfants. Eva, quant à elle, essaie désespérément depuis des années d'avoir un enfant avec son mari, en vain.  Ces quatre amies se racontent tout et s'entraident.

Quatre amies, quatre caractères différents. Des personnages qui ne cachent pas leurs défauts, Adèle Bréau s'évertuant à retranscrire la vie réelle de ce que nous, femmes de 2016, vivons au quotidien.  Et c'est vrai que l'auteur explore à merveille cette pression sociale qui voudrait qu'une femme assure au boulot, au lit, avec les enfants, à la maison, bref, soit toujours au top. Du coup,  on a un peu l'impression, grâce au style fluide et envolé de l'auteur, de se trouver en présence de nanas qui pourraient être nos propres copines. J'ai eu une petite préférence pour Alice, que l'on voit évoluer, s'épanouir à nouveau, et à laquelle on a envie de hurler "Mais non!" lorsqu'elle va prendre une décision, à un certain passage du roman.

Seulement, bémol pour moi; j'ai trouvé qu'à vouloir trop coller à la réalité, le roman tombait parfois trop dans le cliché. Adèle Bréau montre finalement une vision du couple assez pessimiste et j'ai envie de préciser qu'on peut être heureuse en couple, même avec une vie sociale, des enfants, un travail. Tous les hommes ne sont pas des lâches qui vont voir ailleurs ou n'assument pas leurs responsabilités.

Malgré ce point "faible" (qui n'est, une fois encore, que mon avis), c'est une lecture agréable, idéale pour la plage, avec quelques rebondissements et de bonnes tranches de rire. Une lecture pas inoubliable, mais parfaite pour se détendre.

♥♥♥♥♥

portrait_rogne_comp_0

21 juin 2016

Monstre Rose -Olga de Dios.

IMG_1557

Monstre Rose habite dans un pays où tout est blanc. Le ciel est blanc, les arbres, les maisons, et même les habitants sont blancs. Il rêve de trouver un autre endroit où vivre et rigoler. Un jour il ose partir à la recherche de ce nouvel endroit.

IMG_1558

Monstre Rose est un chouette album, écrit et illustré par l'Espagnole Olga de Dios. Elle évoque ici le thème des différences et de la quête d'un endroit où l'on se sent bien, chez soi. 

IMG_1559

Monstre Rose ne passe pas inaperçu, et on se prend tout de suite de sympathie pour lui. Au fil de la lecture, on espère qu'il va finir par trouver l'endroit de ses rêves, là où rien n'est formaté et où chaque être est singulier.

IMG_1560

IMG_1561

Le coup de crayon d'Olga de Dios parle forcément aux enfants, il est très proche de leur univers. Les pages finales révèlent de belles surprises à ce niveau, d'ailleurs. Un album que mon fils a beaucoup aimé découvrir et au message utile,  pour aborder en douceur certains thèmes actuels.

IMG_1563

Je remercie les éditions Winioux pour cette jolie découverte.

 

20 juin 2016

Pique-Nique à Hanging Rock -Joan Lindsay.

P6171870

Il y avait un petit moment que je n'avais pas lu de roman écrit il y a des décennies, et j'ai eu très envie de découvrir Pique-nique à Hanging Rock, que je voyais comme un policier se déroulant en 1900. Je remercie Alice et Le Livre de Poche pour cette lecture envoûtante.

Présentation:

"14 février 1900, Australie. L’été touche à sa fin. Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin de Hanging Rock. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq chevaux bais magnifiques. Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau... puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois jeunes filles manquent à l’appel.
Publié en 1967, magnifiquement adapté au cinéma par Peter Weir en 1975, Pique-nique à Hanging Rock est un récit envoûtant, mystérieux et inoubliable, considéré comme l’un des plus grands romans de la littérature australienne."

Mon avis:

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce roman, paru en 1967, est particulièrement déroutant. 

Nous arrivons dans un univers plutôt feutré, une pension pour des adolescentes, bien souvent de riches héritières. En apparence, tout se déroule pour le mieux. Les jeunes-filles aiment parler robes, romantisme, et critiquer leurs professeurs. Puis survient le pique-nique qui va tout changer, à jamais, sans retour en arrière possible. Alors que la plupart des demoiselles s'octroient une sieste et que les montres se sont mystérieusement arrêtées, trois d'entre elles et leur professeur de mathématiques décident d'aller se promener vers les hauteurs. Une d'entre elles revient en hurlant et ne se souviendra jamais de ce qui a causé son hystérie. Les trois autres sont portées disparues. Quelques jours plus tard, un jeune homme qui les avait vu s'enfoncer dans les hauteurs décide de refaire leur trajet, pour tenter de découvrir ce qui a bien pu se passer. Il reviendra marqué à jamais, sans pour avoir autant eu des réponses. 

L'enquête policière se trouve finalement au second plan de ce roman envoûtant et mystérieux.  On flirte parfois avec le fantastique, avec des passages oniriques, entre songes et réalité, qui ne sont pas sans rappeler un autre roman gothique, "Rebecca", de Daphné du Maurier. C'est quelque chose que j'ai beaucoup aimé avec ce livre,  qui ne fait qu'étoffer la disparition mystérieuse des jeunes filles.

On assiste également, impuissants, à la déchéance de la pension et de sa directrice. Il règne un climat malsain, on sent que tout peut basculer d'un instant à l'autre et on ne sait jamais que croire. L'atmosphère est oppressante au fur et à mesure que l'on avance.

Malgré cela, j'ai parfois été un peu ennuyée par de longues -mais belles- descriptions, qui prennent des pages entières. Elles sont empreintes de poésie et tranchent particulièrement avec l'ambiance de l'intrigue. D'autre part, j'ai trouvé dommage que la fin ne nous apporte pas vraiment de réponses. C'est un peu à nous de nous forger notre propre opinion et ce n'est pas ce que je préfère en littérature. Toutefois, je dois reconnaître que c'est un roman  que j'ai apprécié et je suis d'ores et déjà suffisamment intriguée pour avoir envie de découvrir le film, porté à l'écran en 1975.

En bref, PIQUE-NIQUE A HANGING ROCK est un roman à la fois mystérieux et fascinant, malgré une fin qui nous laisse avec des questions sans réponses.

♥♥♥♥♥

345873