Aux Douceurs Littéraires

06 septembre 2016

Archer's Voice -Mia Sheridan.

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Si je trouve la couverture de ce roman parfaitement kitsch, j'ai lu à son sujet de très beaux avis. C'est en tombant sur celui de Mélusine, du blog Carnet Parisien, que j'ai eu envie de découvrir à mon tour Archer's Voice, livre élu Meilleure Romance de  l'année aux USA, tout de même! Je remercie les éditions Hugo&cie pour la découverte!

Présentation:

"Quand Bree Prescott arrive dans la petite ville du Maine, elle espère y trouver la paix qu’elle recherche désespérément. Elle est là pour oublier le traumatisme qu’elle a subi dans sa ville natale et recommencer une nouvelle vie. Mais à peine installée dans sa nouvelle maison près du lac, elle va croiser Archer Hale, un homme solitaire et mystérieux, qui cache au fond de lui une profonde souffrance. Un homme que personne ne voit, un homme sans voix.

Archer’s voice parle de la rencontre d’une femme dont la mémoire reste bloquée sur une nuit d’horreur et d’un homme pour qui l’amour est la clé de sa liberté. C’est l’histoire d’un homme silencieux qui vit avec une blessure terrible et de la femme qui va l’aider à retrouver sa voix. C’est une histoire de souffrance, de destin, et du pouvoir de l’amour.

Un roman poignant et captivant. Un héros sensuel et émouvant. Une héroïne blessée."

Mon avis:

Dès les premières pages, j'ai été totalement emportée par l'histoire. Une histoire dont les deux protagonistes ont énormément souffert et doivent chercher, ensemble, à se  reconstruire. Pour mieux les comprendre, la narration alterne de point de vue, passant de Bree à Archer.

Bree débarque dans une petite ville du Maine, suite à l'assassinat de son père. Une petite ville conviviale, chaleureuse, construite sur la rive d'un lac et qui donne tout de suite envie d'aller y passer un week-end. La jeune-femme est partie du jour au lendemain,  laissant derrière elle ses amis, dans le but de pouvoir panser ses plaies et d'éloigner le stress qu'elle subit depuis les terribles événements qu'elle a vécus.  Bree est attachante et on ne peut qu'admirer sa volonté de fer.

Archer, lui aussi a subi des événements traumatisants (dont la totalité ne sera toutefois dévoilée que dans la dernière partie du roman), quand il  était petit garçon. Il est devenu muet suite à une grave blessure dans un accident de voiture,  et est devenu orphelin par la même occasion. Elevé par un oncle un peu bizarre, Archer n'est plus jamais sorti de chez lui et vit presque en sauvage, dans son cocon rassurant.

Les deux jeunes gens vont se rencontrer par hasard et Bree va  vite être intriguée par ce drôle de garçon, dont tout le monde se méfie. On s'en doute, ils finiront par tomber amoureux. S'il n'y a là aucune surprise, c'est intéressant de les voir évoluer. Bree va affronter ses cauchemars, Archer va aller au-delà de ses limites. L'histoire qui se tisse en eux est vraiment magnifique, malgré les obstacles qui se dressent inévitablement sur leur route. Un joli cadre, des personnages attachants,  une histoire vibrante et pleine d'émotion, voilà pour le côté positif.

Quelques détails m'ont toutefois un peu dérangée. J'ai tout d'abord relevé quelques "coquilles" et répétitions (je pense que cela vient de la traduction). Je ne sais pas  combien de fois on nous dit que Bree gémit, mais c'est très répétitif (ce n'est qu'un exemple). Et puis, malheureusement pour moi, j'ai retrouvé ce qui me plaît le moins en "New Romance":  les scènes de sexe hyper détaillées. Je ne suis pas prude, mais ce n'est pas du tout ce que j'attends de mes lectures. Honnêtement, je me fiche des positions et je déteste les termes vulgaires que les auteurs de ce genre se sentent obligés d'utiliser.  C'est peut-être une question d'âge ou de génération, je ne sais pas.

♥♥♥♥♥

En bref , ARCHER'S VOICE est avant tout une belle histoire entre deux protagonistes cruellement blessés par la vie, qui doivent chercher à se reconstruire. Un roman riche en émotions et avec des passages vibrants. Mais le style "New Romance", avec ses scènes de sexe hyper détaillées n'est définitivement pas pour moi!

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01 septembre 2016

La Mémoire des Embruns -Karen Viggers.

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Voici un roman à côté duquel il est très difficile de passer! On l'a beaucoup vu sur les blogs, dans les revues littéraires et même Gérard Collard s'est montré élogieux à son sujet. J'étais donc très intriguée par ce titre et je remercie Le Livre de Poche, qui m'a permis de le découvrir.

Présentation:

"Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d'Antarctique et le divorce qui l'a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l'a hantée durant des décennies menace d'être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.
Une femme au crépuscule de sa vie, un homme incapable de savourer pleinement la sienne, une émouvante histoire d'amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse."

Mon avis:

Avec toutes les chroniques positives que j'ai pu lire sur ce roman, je peux vous dire que j'en attendais beaucoup! Il est d'ailleurs différent par rapport à ce que j'avais imaginé, mais cela reste une très agréable surprise  et je comprends l'enthousiasme des lecteurs.

D'ailleurs, pour la petite anecdote, alors que je dédicaçais mon propre roman dans un Cultura, j'ai vu un lecteur  (atteint de légers troubles autistiques) s'emparer de La Mémoire des Embruns et s'immerger dedans au point qu'on pouvait lire les différentes émotions qu'il ressentait sur son visage. Il était littéralement emporté! Fin de l'apparté.

Tout commence avec Mary, une femme âgée et en mauvaise santé. Elle reçoit la visite d'un homme (on suppose qu'ellel'a connu par le passé), qui lui remet une lettre. Mary le vit très mal et décide d'aller s'isoler sur l'île de Bruny pour y terminer ses jours, d'autant plus que sa fille a la ferme intention de la placer en maison de retraite.

C'est que Mary a une relation particulière avec ses enfants: sa fille est en perpétuel conflit  avec elle, le fils aîné s'est éloigné et Tom, le petit dernier (son préféré) est très renfermé sur lui-même depuis son retour de l'Antarctique.  La vieille femme s'entend très bien avec Jacinta, sa petite-fille, mais c'est à Leon, chargé de veiller sur l'île, qu'elle va se confier. Leon est un homme taciturne, que Mary va pousser hors des sentiers battus et vice-versa. 

La narration alterne donc entre Mary, qui se remémore ses jeunes années et tient à revoir les endroits qui ont marqué sa vie de femme, et Tom,qui se reconstruit lentement. J'ai évidemment suivi avec intérêt l'histoire de Mary, même si, pour moi, elle s'est révélée sans surprise: j'avais tout deviné. Mais j'ai  trouvé agréable ces plongées dans le passé où la vie était dictée par les contraintes du phare et de l'océan. 

J'ai également trouvé beaucoup d'intérêt aux personnages de Tom et Leon. On voit le premier évoluer et sortir peu à peu de sa bulle, notamment grâce à Emma (personnage que je n'ai pourtant pas aimé du tout). Quant à Leon,  on comprend ses fêlures et on lui souhaite de tout coeur de pouvoir s'en sortir.

J'ai donc découvert un roman magnifique et de toute beauté, narré avec beaucoup de retenue et de délicatesse.  Les descriptions de la vie au phare,  en pleine nature, ont su me captiver, même si, à l'inverse, j'ai trouvé certains passages un peu longs (notamment sur les expéditions en Antartique). C'est une ode aux voyages et à l'évasion, un roman qui se savoure miette par miette. 

♥♥♥♥

En bref, LA MEMOIRE DES EMBRUNS est un magnifique roman, une ode à la vie en pleine nature, entre Tasmanie et Antarctique. Les secrets trop simples à deviner et quelques longueurs m'ont toutefois empêché de ressentir un réel coup de coeur.

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29 août 2016

Au premier chant du merle -Linda Olsson.

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J'avais repéré ce roman sur la toile, notamment grâce à sa très belle couverture printanière. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque je l'ai reçu de la part de l'agence LP Conseils!  J'ai donc pu assouvir ma curiosité et découvrir la plume de Linda Olsson.

PRESENTATION:

"Déception sentimentale ? Lassitude de vivre ? Élisabeth Blom s’est retirée du monde. Sitôt installée dans sa résidence de Stockholm, elle a débranché la sonnette et fermé sa porte à double tour. Porte à laquelle Elias, son voisin, se décide un jour à frapper, pour lui remettre son courrier. Car lui aussi s’appelle Blom… Cet incident sortira-t-il Élisabeth de sa pénombre ? Ou faudra-t-il attendre un drame – et l’intervention inattendue d’Otto, libraire à la retraite – pour faire entrer la lumière dans son appartement ? Au seuil de l’été nordique, le chant du merle annonce les beaux jours. C’est le thème, vibrant, de la partition nouée par Linda Olsson pour ces trois solitudes. Éloge du premier pas, ce récit d’une rééducation sentimentale est aussi une invitation au voyage nommé lecture."

MON AVIS:

Malgré les avis élogieux que j'ai pu lire ici et là, je ressors plutôt mitigée de cette lecture. 

Si vous appréciez les plumes douces, pleines de délicatesse et de poésie, vous serez probablement conquis par ce roman, éloge aux belles petites choses qui nous entourent et que l'on ne prend plus  le temps de remarquer. Le rythme est plutôt lent, il ne se passe de toute façon pas grand chose.

La trame a su m'intriguer et j'ai très rapidement voulu comprendre ce qui poussait Elisabeth à vivre en recluse, pourquoi Elias était renfermé et pourquoi Otto semblait se contenter de peu.  Et surtout, comment ces trois protagonistes allaient se croiser et lier de façon inextricable leur destin.  Pourtant, ma curiosité s'est vite tarie, peut-être à cause du rythme  trop lent, de l'histoire finalement banale. Je n'ai pas ressenti d'empathie particulière pour les personnages, même si l'écriture de Linda Olsson a su me charmer par ces petits rien qu'elle sait mettre en beauté. La fin du livre, quant à elle, m'a laissée perplexe et j'ai l'impression d'être un peu passée à côté.

Linda Olsson nous offre une belle histoire et de magnifiques moments entre trois êtres pris au piège de leur solitude, mais il m'a vraiment manqué quelque chose pour me sentir pleinement concernée. Peut-être que ce n'était pas la bonne lecture, au bon moment, tout simplement.

En bref, AU PREMIER CHANT DU MERLE est un joli roman empreint de poésie et de douceur, mais je n'ai pas été touchée plus que cela par le destin des trois personnages. En défininitive, ce roman ne me laissera pas une marque indélébile.

♥♥♥♥♥

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09 août 2016

Mémé dans les orties -Aurélie Valognes.

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Après avoir entendu beaucoup de bien sur le premier roman d'Aurélie Valognes, j'avais très envie de découvrir sa plume, que l'on m'a vendue comme drôle et sensible. Je remercie Alice et Le Livre de Poche pour cette très agréable lecture.

Présentation:

"Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant –, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 93 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.
Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur !"

Mon avis:

Ce roman n'a absolument pas volé sa réputation! D'emblée, dès les premières pages,  j'ai su  qu'il allait me plaire.

Ferdinant est un vieil acariâtre qui n'a d'autre loisir que de mener la vie dure à ses voisines et à la concierge de son immeuble. Seulement, quand le seul être qu'il aime, sa chienne, meurt subitement, il pète un plomb et se jette sous un bus. Commnce alors une série d'événements qui vont bouleverser l'existence de Ferdinand. Il va faire la connaissance d'une petite fille pas comme les autres et se rapprocher de sa voisine d'en face. Toutes deux vont le faire sortir de ses retranchements... de gré ou de force!

C'est un roman sans prétention, mais tellement frais et pétillant! J'ai pensé à l'ambiance de "Et puis Paulette", de Barbara Constantine, pour ses situations drôles et son style envolé. Malgré la personnalité de Ferdinand, ne vous y trompez  pas, l'humour et la bonne humeur sont bel et bien au rendez-vous, pour notre plus grand plaisir.

Les personnages sont détonnants, on se sent tout de suite bien avec eux! Notre regard sur les personnes âgées évolue forcément et on s'attache l'air de rien à ce vieux con de Ferdinand. Cela ne serait évidemment pas possible sans la plume fluide d'Aurélie Valognes, qui décrit avec justesse les scènes qui rendent ce roman si vivant et lui confère  un petit côté "doudou". J'aurais aimé rire encore davantage lors des comiques de situation, mais je pense que la romancière a voulu rester sobre à ce niveau-là .

C'est un feel-good idéal pour se détendre et passer  un très agréable moment! J'ai déjà hâte de découvrir le nouveau roman d'Aurélie Valognes.

En bref, MEME DANS LES ORTIES est un premier roman drôle et touchant, avec lequel on passe assurément un très bon moment, alternant entre rire et émotion.

♥♥♥♥

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08 août 2016

Une année particulière -Thomas Montasser.

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Quand un roman  parle de livres, comment passer à côté? J'étais forcément curieuse de découvrir ce court bouquin (moins  de 200 pages), d'autant plus que le sujet était vraiment prometteur! Je remercie Les Presses de la Cité pour cette lecture.

Présentation:

"Une petite librairie, un travail herculéen, et un livre mystérieux qui va tout changer.
« Ma nièce Valérie doit s'occuper de tout. »
Se retrouver un beau matin avec une librairie sur les bras, Valérie ne s'y attendait pas. Pour elle qui se destinait à une brillante carrière de consultante internationale en économie, quel cadeau empoisonné !
La jeune femme va pourtant se laisser prendre au jeu et, indépendamment des comptes de la boutique au bord de la faillite, découvrir peu à peu la littérature. Kafka, Dickens, Calvino, Pessoa... Une tasse de thé à ses côtés, elle dévore avec joie tout ce qui lui tombe sous la main.
Texte après texte, échange après échange avec les clients peu banals du magasin, Valérie commence à prendre goût à sa nouvelle vie, mais c'est un roman singulier intituléUne année particulière et la rencontre d'un charmant inconnu qui l'aideront à écrire le chapitre décisif de son existence...

Une touche d'humour et de fantaisie, de la sensibilité et, surtout, une foule de livres, qu'on aurait presque envie de ranger du côté des personnages. S'il est des romans qui donnent envie de lire et d'aller fureter dans les rayons des librairies, c'est bien celui-ci."
Mon avis:
Pour tout dire, je ressors assez mitigée de cette lecture. 
L'auteur a su m'intriguer  avec son sujet original et me charmer avec ses belles descriptions, mais je n'ai pas vraiment su me laisser happer par l'histoire. C'est dommage! Une jeune femme qui doit soudainement gérer la librairie de sa tante, qui a mystérieusement disparu, et qui se replonge peu à peu dans les délices de la lecture, cela  met vraiment en appétit.
Pourtant, j'ai trouvé la narration trop sobre, un peu plate. Il n'y a pas vraiment d'action, on croise toutefois des personnages aussi charmants qu'atypiques et l'auteur nous offre de beaux moments en leur compagnie.
En fait, je me rends compte que si le voyage dans la librairie est agréable, en dehors de cela, je n'ai pas grand chose à dire au sujet de ce livre. 
Les amoureux des livres s'y retrouveront, mais si vous cherchez une histoire palpitante, elle n'est pas ici. La vie amoureuse de Valérie n'est pas des plus passionnantes, je ressors avec un sentiment de fugacité. Quand  à la fin et l'histoire du mystérieux roman que la jeune femme trouve... était-ce vraiment indispensable?  Je pense être un peu passée à côté, malheureusement.
En bref, UNE ANNEE PARTICULIERE est une ode à la littérature et aux librairies, néanmoins il m'a manqué quelque chose autour de l'intrigue pour être réellement captivée par ce court roman.
♥♥♥♥♥

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05 août 2016

Grand Amour -Stéphane Carlier.

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On m'avait pas mal parlé de Stéphane Carlier et de ses romans pleins d'humour. J'ai donc décidé de me laisser tenter par Grand Amour, paru en poche au mois de mai. Je remercie les éditions J'ai Lu pour leur confiance.

Présentation:

"Agnès est traductrice de romans sentimentaux. Elle quitte Paris sur un coup de tête direction le Cantal où se trouve l'homme de ses rêves, le demi de mêlée de l'équipe d'Aurillac qu'elle a vu nu dans un calendrier."

Mon avis:

Si Agnès traduit des  romans à l'eau de rose, on ne peut pas dire que sa vie soit des plus palpitantes.  Désespérément célibataire, romancière ratée, elle rêve d'envoyer sur les roses les réveillons de Noël  passés chez sa soeur. Et elle rêve aussi sur Fabien Castan, rugbyman qui a posé nu pour un calendrier. Agnès rêve beaucoup mais agit peu. Lors d'une soirée où elle n'a pas envie d'aller, elle rencontre une drôle  de femme qui lui dit qu'elle n'a rien à perdre à tenter de filer rejoindre son fantasme  à Aurillac. Agnès se retrouve embarquée, avec  son chien,  dans une sacrée aventure.

Dans  la Creuse, elle fait la connaissance d'un vieil homo propriétaire d'une laverie automatique Pierre-Marie, et de Pélo, un serveur qui craque rapidement pour elle.  Son  seul but: parvenir à tout pour approcher Fabien. Les péripéties s'enchaînent pour la jeune parisienne.

Je me suis rapidement laissée entraîner par l'écriture rythmée et bourrée d'humour de Stéphane Carlier. Il fait partie de ces auteurs qui observent le quotidien et savent le retranscrire pour notre plus grand bonheur! Agnès est complètement allumée, les personnages secondaires s'en  tiennent une bonne couche aussi et pourtant, ils sont aussi vrai que nature.

Pourtant, à un moment, j'ai commencé à me lasser (et je ne peux pas en dire plus sans spoiler), à trouver que certaines choses n'étaient pas forcément utiles. Puis le rythme a repris de plus belle et l'agréable surprise a été que jusqu'au point final, on ne peut pas être certains de l'issue du roman!

En bref, GRAND AMOUR est un roman, vraiment très drôle, une comédie romantique déjantée mais qui  manque parfois de réalisme. C'est un livre qui se lit vite et nous fait passer un agréable moment sur le coup,  mais il n'est pas, pour moi du moins, inoubliable.

♥♥♥♥♥

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04 août 2016

La Quiche Fatale (Agatha Raisin #1) -M.C. Beaton.

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A lire des avis dithyrambiques, j'étais particulièrement curieuse de découvrir les aventures d'Agatha Raisin, une anti-héroïne anglaise, dont la série comporte actuellement 27 tomes(les deux premiers viennent d'être traduits en France).  Les références à Agatha Christie m'ont évidemment mis l'eau à la bouche et je remercie les éditions Albin Michel pour cette découverte.

Présentation:

"Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour gouter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.

Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !

« L'Agatha Raisin de M.C. Beaton est un véritable trésor national. »The Times"

Mon avis:

Dès le début,  le ton est donné: Agatha est une femme hommasse, désagréable, qui jure comme un charretier, fume comme un pompier et ne sait absolument pas cuisiner. Cette femme d'affaires décide brusquement de prendre sa retraite et de s'installer dans la campagne anglaise. Le seul problème, c'est qu'elle se sent rejetée par la communauté du petit village dans lequel elle a élu domicile et sa voisine la déteste carrément. Agatha s'inscrit donc au concours de cuisine local et présente sa quiche. Le lendemain, le juge est retrouvé mort empoisonné par la fameuse tarte. Agatha est vite disculpée, la thèse de l'accident est privilégiée, mais elle ne s'y laisse pas prendre. La preuve: à peine commence-t-elle à poser des questions que les ennuis arrivent!

J'ai vraiment apprécié ce premier tome qui est une bonne entrée en matière. L'ambiance joue un rôle à part entière et on se laisserait bien tenter, à nos risques et périls, par un petit tour à Carsely. Les personnages secondaires sont également très intéressants et présents tout au long de l'intrigue et on a l'impression de bien faire la connaissance  de tout ce petit monde. Agatha n'a pas sa langue dans sa poche, pourtant, elle nous fait rire et on s'attache facilement à cette anti-héroïne qui se nourrit de plats surgelés et boude sur ses kilos en trop. Agatha ne manque pas de personnalité et  les pages défilent rapidement, même si j'ai parfois eu la sensation que l'on tournait en rond.

Malgré tout, si l'ensemble ne manque  pas de modernité, je n'ai absolument pas été surprise. J'aurais aimé que le dénouement soit  moins classique, car j'aime me laisser surprendre par un final inattendu. Je lirai néanmoins avec  plaisir le deuxième tome des aventures d'Agatha, qui est dans ma PAL. Il me semble avoir lu que les deux prochains paraîtront en France à l'automne.

♥♥♥♥♥

En bref, LA QUICHE FATALE est un roman policier plein d'humour et dans la lignée des classiques d'Agatha Christie, avec une pointe de modernité et une héroïne qui ne manque pas de piquant. Mais à trop ressembler aux classiques, j'ai trouvé le dénouement plutôt simple et un peu fade.

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23 juillet 2016

La Pâtissière de Long Island -Sylvia Lott.

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En tant qu'amoureuse de la Big Apple de la première moitié du XXe siècle, je ne pouvais vraiment pas passer à côté de ce roman, qui m'a fait de l'oeil dès que sa sortie française a été annoncée.  Je remercie chaleureusement les éditions Piranha pour m'avoir permis de découvrir ce roman savoureux.

Présentation:

"La délicieuse histoire d’une jeune allemande exilée aux États-Unis qui va devoir trouver son chemin dans le New York des années 1930 avec une recette de gâteau pour seul bagage.

Pour l’empêcher de fréquenter l’homme qu’elle aime, le père de Marie décide de l’envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale : à New York, chez ses deux frères. Avec pour seuls bagages son cœur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, elle débarque à Brooklyn en ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l’entoure. Elle est bien loin de se douter de l’incroyable destin que lui réserve le Nouveau Monde.
Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie."
Mon avis:
Il était évident que j'allais forcément aimer ce livre! Il s'agit de la rencontre entre Marie, quatre-vingt dix ans, et sa petite-nièce, Rona. Marie vit à New-York depuis les années 30, contrainte de fuir l'Allemagne et la Frise Orientale à cause de son père, qui refuse de la voir fréquenter l'instituteur de leur village. Marie atterrit chez ses deux frères, qui tiennent une sorte de café dans lequel il se passe des choses pas très claires. Mais qu'importe. La jeune-femme va se lier d'amitié avec une autre exilée et faire découvrir à la ville entière son fameux cheesecake.
Des décennies plus tard, sa petite-nièce, Rona, débarque avec le plus jeune frère de Marie, pour fêter l'anniversaire de la vieille dame. Rona est paumée aussi bien professionnellement que sentimentalement. Marie va alors lui confier peu à peu son histoire et sa recette du cheesecake, en lui promettant que ce gâteau va lui changer la vie.  Rona n'y croit guère, mais elle n'a plus rien à perdre. En cherchant à comprendre ce qui est arrivée à la tante juive de Marie, pendant la Seconde Guerre Mondiale, Rona va effectivement comprendre qu'il est temps de se prendre en main.
C'est un très  beau roman plein de tendresse et de délicatesse, parsemé  évidemment de gourmandise. J'ai beaucoup aimé suivre les destins de Marie et Rona, les voir affronter leurs problèmes et évoluer, chacune à leur façon.  La vie de Marie m'a tout de suite passionnée, jusqu'au bout j'ai eu un doute sur la façon dont les choses s'étaient terminées pour elle. Il m'a fallu un peu plus de temps pour apprivoiser Rona, c'est seulement lorsqu'elle atterrit dans une charmante bourgade de Frise Orientale que je me suis attachée à elle, que j'ai eu envie de savoir ce qui allait lui arriver.
Il y a dans ce roman tous les événements qui font à la fois un bon feel-good, mais aussi une excellente saga familiale. La narration alterne entre les années 30 et 2003, on passe du New-York dela prohibition à la campagne Allemande de nos jours, avec toujours un sentiment de ravissement. Et bien sûr, on a envie d'une dégustation de cheesecake, c'est inévitable!
Toutefois, je n'ai qu'un bémol: la fin arrive un peu trop vite à mon goût, le dénouement est plié en quelques pages, sans rebondissement de dernière minute.  J'aurais aimé quelque chose de moins évident à deviner.
En bref, La Pâtissière de Long Island  est un chouette roman, résolument optimiste, délicieux et plein de charme. Un vent de légèreté, qui s'attache toutefois à des thèmes importants, comme les liens familiaux, l'exil, et les choix amoureux. A déguster sans modération!
♥♥♥♥

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05 juillet 2016

L'Héritage -Katherine Webb.

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Férue de sagas familiales qui nous remonter le temps, j'avais très, très envie de découvrir Katherine Webb, dont j'ai tous les romans (sauf un), dans ma PAL. J'ai décidé d'emmener avec moi "L'Héritage", lors d'un long voyage en train pour aller dédicacer mon propre roman. Je ne le regrette pas!

Présentation:

"L'Ouest américain au début du XXe siècle et la vieille aristocratie anglaise de nos jours, deux époques pour évoquer le destin d'une famille brisée par les non-dits. Un premier roman à l'écriture délicate, dans la lignée d'une Kate Morton ou d'une Maggie O'Farrell. 

Quand elles étaient enfants, Erica Calcott et sa sœur Beth passaient toutes leurs vacances à Storton, le manoir de leur grand-mère Meredith. Jusqu'au jour où leur cousin Henry disparaît, brisant d'un coup la famille et plongeant Beth dans une intense dépression. 

Vingt-cinq ans plus tard, Meredith vient de mourir et les sœurs Calcott reprennent le chemin de leur enfance. Tandis que Beth s'enfonce davantage dans la souffrance, Erica entreprend de trier les affaires de leur aïeule et tombe sur une photo de leur arrière-grand-mère Caroline avec un petit garçon dans les bras. Qui est-il ? Et, surtout, qu'est-il devenu ? 

Erica décide de fouiller l'histoire de ses ancêtres, et notamment celle de Caroline. Elle est loin d'imaginer qu'elle s'apprête à mettre au jour leur véritable héritage, un secret si douloureux que quatre générations plus tard, les sœurs Calcott en portent encore le fardeau..."

Mon avis:

Je me suis littéralement laissée envoûter par ce roman au charme indéniable! 

Je n'avais pas lu les critiques avant, je découvre maintenant qu'elles sont assez mitigées, pour ma part, c'est un coup de coeur!  

Katherine Webb nous embarque dans une histoire à plusieurs voix, tantôt au début du XXe siècle, tantôt de nos jours, en passant par les années 80. On découvre l'histoire de cette famille au fur et à mesure que Erica, qui se passionne d'un seul coup pour sa généalogie, tente de démêler les liens invisibles qui unissent plusieurs membres de leur famille. Qui est ce bébé sur la photo, dans les bras de Caroline, alors qu'il  n'est fait nulle part mention de sa naissance? Erica cherche également à se souvenir du drame de la disparition de son cousin. Elle sait qu'elle a été témoin, mais reste amnésique de cet épisode. Sa soeur, qui souffre d'une grave dépression, refuse de l'aider. Peut-être Erica devra-t-elle chercher de l'aide auprès de Dinny, un "romanichel" détesté par Meredith, la grand-mère des deux soeurs.

L'ambiance joue également beaucoup et imprègne particulièrement le roman.  Nous sommes au coeur de la campagne anglaise, en plein hiver. C'est hostile, lugubre et propice à faire renaître les mauvais souvenirs. L'auteur nous entraîne avec grâce et fluidité dans cette intrigue qui ne nous réserve pas tellement de surprises, mais nous happe, malgré nous. Elle tire sa force de ses descriptions, saisissantes de réalisme. J'ai évidemment préféré la partie qui se déroule dans le passé, car celle consacrée à Erica et Beth peut être déroutante. Il y est beaucoup question du comportement et de la dépression de l'aînée, ce qui peut entraîner une sensation de torpeur. Cela ne m'a pas dérangée, mais je conçois que ça puisse être perturbant.

Pour ma part, ce roman est un coup de coeur, je l'ai dévoré en un (long) trajet de train et l'histoire de Caroline est toujours avec moi. Je vais évidemment m'empresser de découvrir les autres titres de Katherine Webb.

♥♥♥♥♥

En bref, L'HERITAGE est une fresque familiale envoûtante, qui nous emmène dans le destin trouble d'une femme du début du XXe siècle et celui de ses arrière-petites-filles, des décennies plus tard. De terribles secrets, un manoir inquiétant, tout est réuni pour un roman passionnant!

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04 juillet 2016

Dans chacun de mes mots -Tamara Ireland Stone.

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J'ai repéré très rapidement ce titre, qui a su me faire de l'oeil, comme à peu près tous les romans de la collection New Way. J'avais envie, depuis un petit moment, de découvrir la plume de l'auteur, dont un autre roman me tentait depuis quelques années. C'est désormais chose faite et je remercie les Editions Hugo et Mélusine pour cette lecture très surprenante!

Présentation:

"Samantha Mc Allister est une fille comme les autres. Du moins en apparence. Elle cache un secret que ses amies, passionnées de mode et de soirées pyjama, ne pourraient pas comprendre : Sam est envahie d’angoisses et de sombres pensées qu’elle n’arrive pas à contrôler. Chaque acte, chaque prise de parole est un véritable calvaire. Pas évident quand on fait partie d’un groupe où tout fashion faux-pas ou crush sur le mauvais mec fait l’objet d’un raz-de-marée de critiques.

Mais un jour, Sam rencontre Caroline… Enfin, elle peut rester elle-même, voire se confier sur ses séances hebdomadaires chez le psy. Très vite, Caroline fait découvrir à Sam un lieu secret caché sous le gymnase du lycée : le Club des poètes, où chacun peut monter sur l’estrade et réciter ses créations. Peu à peu, Sam se prend presque à se sentir  » normale « … Mais pourquoi AJ, le mystérieux guitariste du groupe, ne semble-t-il pas accepter sa présence ? Sam devra-t-elle une fois de plus tout remettre en question ?"

Mon avis:

J'ai vraiment été très agréablement surprise par ce petit roman qui se dévore très rapidement! Les critiques étaient pourtant élogieuses, mais je redoutais un peu de retrouver des schémas habituels et du déjà-vu. Pourtant, je me suis laissée embarquer très facilement par l'histoire de Sam!

Le début est assez déroutant, je dois le dire. On y découvre une Samantha en proie à des pensées particulièrement étranges et on redoute le pire. On apprend finalement peu à peu de quoi il en retourne. Samantha fait partie d'un groupe d'amies, un peu les filles populaires (et un brin garces) du lycée. Elles se connaissent depuis l'enfance, mais sont également intransigeantes au moindre dérapage. Un peu superficielles aussi. Samantha leur cache donc la maladie dont elle souffre. Et puis elle rencontreCaroline, qui lui promet de lui faire découvrir quelque chose qui va lui changer sa vie: Le Coin des Poètes, qui est une sorte de pièce secrète située sous le théâtre (et non pas gymnase, comme le stipule de résumé) du lycée. Ici, des adolescents un peu à part s'y retrouvent pour exprimer leurs malaises, leurs souffrances, leurs ressentis, à travers des mots bien à eux. Un endroit où ils sont acceptés pour ce qu'ils sont.

Ce roman est vraiment très beau. Tamara Ireland Jones mène son intrigue  avec une plume délicate et fluide, où la poésie est évidemment très présente. Mais une poésie simple, écrite par des ados rongés de soucis. C'est vraiment un roman prenant, avec lequel on se sent bien. Il y est question du véritable sens de l'amitié, des angoisses, aussi. J'avoue avoir parfois reconnu l'ado que j'ai pu être.

"Tu es à côté de la plaque, Sam. Tout ça, ce sont de bons trucs, qui font du bien, des trucs normaux. Et plutôt que d'en profiter, tu trouves le moyen de les tordre, de les rendre toxiques."

Et puis il y a une histoire d'amour qui se noue, qui fait palpiter notre coeur et on peut voir Sam s'épanouir en prenant conscience de certaines choses. L'auteur nous gratifie également d'un rebondissement que j'ai vu venir seulement trois pages avant qu'il n'intervienne. Et je peux vous dire qu'on a les larmes aux yeux. Un roman qui fait du bien, donc, mais aussi plein d'émotion et de sensibilité. Un roman que les adolescents devraient lire, surtout ceux qui ont du mal à être acceptés par les autres qui définissent les normes. Ce serait super qu'un Coin des Poètes voit réellement le jour dans chaque lycée!

♥♥♥♥

En bref, DANS CHACUN DE MES MOTS est un chouette roman autour du mal-être de certains adolescents, de leurs angoisses et du paraître. Une ode à l'écriture, avec un rebondissement absolument surprenant!

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